Cet article a été publié il y a 1 an 7 jours, il est possible qu’il ne soit plus à jour.Les informations proposées sont donc peut-être expirées.
Elle était voulue, demandée et organisée en ce sens. Les candidats ont souhaité que cette élection présidentielle soit le signe d’une mobilisation forte, que le peuple exprime son choix, pour donner un nouvel élan pour le pays qui traverse une énorme crise mondiale. L’attente était forte et prévisible. Nous parlions d’ailleurs de son possible jeu sur les réseaux sociaux il y a plus d’une année ici même.
La présidentielle 2012 aura effectivement mobilisé les gens ainsi que les réseaux sociaux, sûrement moins qu’anticipé au début de la campagne. Chacun était concerné par le résultat, et beaucoup ont voulu influencer ces élections, en partageant avis, critiques, vidéos ou articles reprenant les erreurs de chaque candidat. Nous sommes vite tombés dans une campagne de critiques destructrices et non plus constructives, où s’est perdue la limite entre vie privée et publique. Voici une histoire vraie !
Le monde professionnel submergé par le privé, pour quels objectifs ?
Le plus grand problème observé dans la communauté du web social est une démonstration de leur appartenance politique comme de vrais militants, en charge de rallier chacun à sa cause. L’effet négatif est d’enlever un masque ressemblant à celui de la laïcité : chacun dans son camp critique ceux qui n’y appartiennent pas. Et on se bat verbalement pour convaincre, dénigrer, rabaisser l’autre… Construction d’un argumentaire, d’un échange d’idées avec un débat ? Pour beaucoup ce n’est pas l’objectif recherché, mais plutôt un moyen d’exprimer son opinion, très peu pour écouter l’autre, des “a priori“, un avis déjà conçu, et une conviction forgée.
Manipulation effective, utile ou exercée ? Certains en font la tentative, sérieuse ou loufoque, plus ou moins bien structurée (le vote décalé à lundi pour Hollande par certaines personnes pour exemple), mais souvent facilement identifiable et surtout engagée par des gens qui n’ont ni l’aura ni la crédibilité politique nécessaire. Tout ceci relève de la passion de vouloir faire partie de “ceux qui ont raison”, être “du bon côté”.
Une idée intéressante qui a été mis en valeur par les réseaux sociaux : #RadioLondres. Une façon de contourner habillement la loi mise en place qui interdit de communiquer avant les résultats officiels. Mais à quel prix ? L’attirance de ce hashtag pour des néophytes du web social a aussi vu des dérives avec des critiques proches de la propagande. Ces derniers ne connaissent pas ou peu les codes de conduite du web, une sensibilité à l’éthique électorale différente et ont contribué à la diffusion de messages douteux. Doit-on en vouloir aux diffuseurs de l’information, aux auditeurs ou aux relayeurs ? Impossible de trancher simplement la question.
Quand la passion dégénère en joutes verbales !
Nous en arrivons à l’expression de son avis politique sur les réseaux sociaux. C’est une liberté de s’exprimer, tout comme nous avons une liberté d’opinion. Toutes les problématiques soulevées avant proviennent de l’expression : objectif du message, formulation, cible, ton… De nombreux paramètres qui peuvent tourner un message “vrai” en insulte, mépris voir diffamation. La liberté d’expression est un droit, chacun prend le risque de critiques et se faire juger,alors que ça n’est pas justifié. La liberté d’expression est tout de même régie par le respect des autres. Les remarques négatives telles “vous nous avez mis dans la m****, c’est votre faute bande de ****” ou “on a viré cet ****** et ses adorateurs de ****” n’ont rien à faire dans un échange.
Où se trouve l’origine de ces conflits ? D’abord à un manque de respect, de retenue ou de tolérance. Souvent le débat sort des clous et dérive vers l’agression verbale qui n’a pas lieu d’être. Jusqu’à présent, il est difficile d’anticiper la réaction des autres sur les réseaux sociaux, même d’amis bien connus, sur un sujet qui implique beaucoup de convictions personnelles. Tous les partages peuvent aboutir sur un échange affectif plus que subjectif, l’objectivité étant plus que rarissime dans ce cas. La solution de facilité serait de garder ce sujet privé, tabou. La politique engendre beaucoup de réflexions, la passion se mêlant au vécu de chacun.
Au final, le pouvoir que nous possédons sur la politique est très relatif. A moins d’être militant ou personnalité politique, nous n’avons que le vote citoyen ! L’isoloir est présent pour ne pas être jugé et ainsi jouir pleinement de sa liberté d’expression, sans jugements ni critiques. Pour beaucoup, ces présidentielles et la politique générale, se résument encore à un bulletin dans l’urne ! Une réalité pour les électeurs qui n’est pas celle des militants et engagés politiques qui voient l‘aspect stratégique et marketing à communiquer sur le web. Qui peut avouer avoir changé d’avis après des échanges sur les réseaux sociaux ? Déjà que la politique peut être un magnifique sujet de discorde en couple, beaucoup ont perdu des “amis”, ou ont découvert des gens avec qui ils partageaient des idées, par des posts récurrents sur Facebook ou autres médias !
Les réseaux sociaux nous font croire qu’en politique nous avons la capacité de changer les choses, chacun est investi du pouvoir de communiquer avec de très nombreuses personnes de tout bord et horizons différents. Il peut suscité l’impression que son avis a un poids plus important voir influencer les autres, en oubliant que les autres ont aussi une sensibilité propre. Faire le choix de se porter militant d’un parti politique est un risque de se mettre en avant dans un univers où l’expression est exacerbée, que ce soit la parole juste ou la critique acerbe.
Nous ne sommes pas des justiciers gavés de puissance qui feront gagner un camp et pas l’autre, un grand pouvoir implique de grandes responsabilités, qui a dit-cela déjà ? Chacun d’entre vous a dû vivre une expérience sociale de cette présidentielle 2012, partagez-la en commentaire.
PS : Merci à Fadhila Brahimi pour les échanges sur le sujet qu’elle a lancé, Alexandre Jouanne pour son lien en source qui est une merveille et Nathalie Cordeaux qui a vécu de difficiles moments durant ces présidentielles !
Source : Un article sur pourquoi il faudrait arrêter les statuts politiques sur Facebook



















Bonjour Alex,
Merci pour ce billet qui traduit exactement mon ressenti de la campagne présidentielle que nous avons vécu.
Cette phrase que tu places en préambule me semble un parfait résumé de ton article: “Nous sommes vite tombés dans une campagne de critiques destructrices et non plus constructives, où s’est perdue la limite entre vie privée et publique”.
J’ajouterai juste qu’au-delà des réseaux sociaux, cette tendance s’est traduite dans tous les aspects de cette campagne, et jusque dans les hautes sphères. Sans rentrer dans quelque controverse que ce soit, le niveau des débats politiques à souvent été pauvre du fait de l’agressivité et de ce phénomène de dénigrement collectif.
Merci de ton retour
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Pour revenir sur ce point, oui les politiques n’ont pas montrer un exemple très propre, ceci ayant été lancé depuis longtemps : dénigrement du candidat sortant, frondes diverses envers certains partis politiques représentés… Maintenant, c’est difficile d’avoir des échanges politiques de nos jours en toute “retenue” non ?
Et on a compilé des choses pas très jolies ici…: lesperlesdeladefaite.tumblr.com
J’ai eu le même ressenti également autour de moi. En 2007, Facebook n’était pas encore assez populaire pour voir de véritables luttes au sein de ses propres “amis”. 2012, à l’issue de la campagne, j’ai fait un sondage sur mon wall : “Combien avez-vous perdu d’”amis sur FB suite aux élections ?” Au-delà du côté “ludique”, force est de constater que beaucoup ont été surpris, voir choqué de découvrir les pensées de ses voisins de réseaux sociaux..
Il faut dire qu’avant, il n’était pas aussi facile d’entrer en contact avec autant de monde, tout autant d’exprimer facilement sur le net… La popularité avait une importance sur la viralité de ses propos (site web, blogs & Co). Facebook est totalement popularisé sur le principe de communication, mais surtout le principe “d’amitiés” n’encourage pas à approfondir la connaissance de son cercle amicale : trop de superficialité car trop de monde, à mon avis, qui n’est qu’une facette du problème !
Bonjour Alex,
merci encore une fois pour cette article.
Ce fût une présidentielle assez mouvementé sur les réseaux sociaux, et beaucoup de personnes se sont vexés sans même trop comprendre et respecter le choix d’autrui.
Mais c’est un espace d’échange libre, et tout le monde dispose d’une philosophie de la politique assez varié.
Je pense que si les 2 candidats ne s’étaient pas lancés autant de pics, on n’en serait jamais venu à juger son prochain.
Au final j’invite tout le monde à retrouver sa place, car comme tu le souligne bien, notre pouvoir est limité face à tout ce qui se passe…
Le souci est que les trolls gagnent la guerre du web. Il n’y a plus de mesure, on retweete des articles partisans sans même apporter une once de réflexion et de recul non partisan. C’est triste.
Et les personnes ne se rendent même pas compte du mal éventuel que cela pourrait leur faire pour leur avenir professionnel.