Cet article a été publié il y a 9 mois 30 jours, il est possible qu’il ne soit plus à jour.Les informations proposées sont donc peut-être expirées.
Municipalités, communautés d’agglomération, conseils généraux et régionaux, structures étatiques ; la prise de conscience de l’intérêt que peuvent avoir les réseaux sociaux comme lieu d’affirmation d’une appartenance à une même identité géographique reste récente pour la majorité des institutions publiques. Pourtant, les responsables politiques et leurs partis y jouissent d’une véritable visibilité et s’y sont parfois investis depuis longtemps. Et puis, y être présent est une chose, y être actif en est une autre… Quelle est la présence sur les réseaux sociaux des institutions publiques ? Quels usages en ont-elles ? Voici quelques éléments de réponses.
Des pouvoirs publics qui ne sautent pas toujours le pas…
À ce jour, toutes les collectivités territoriales et tous les ministères n’ont pas de page Facebook officielle ou de profil sur Twitter. Loin de là. Pour ce qui est des collectivités, ce baromètre mensuel donne quelques enseignements à retenir :
- 4 régions sur 5 et la moitié des départements ont une page Facebook
- 2 régions sur 3, 1 département sur 3 et une grande ville sur deux ont un compte Twitter officiel
- En dehors de la page Facebook de la ville de Paris qui compte plus d’1,6 million de fans, les pages des autres collectivités locales n’excèdent pas 30 000 fans… Sans entrer dans une course aux fans, on ne peut pas dire qu’il y ait encore de quoi valoriser véritablement ses actions
- 3 collectivités territoriales ont un profil Twitter dépassant les 10 000 followers : Paris (30 000), Bordeaux (16 000) et Toulouse (13 000). A titre de comparaison, le profil Twitter de Greenpeace France atteint les 106 000 abonnés, soit 4 fois plus que la capitale française au rayonnement pourtant mondial
À la tête de l’État, la forte visibilité médiatique des responsables politiques assure d’être suivi sans vrai besoin de promotion : le profil Twitter de la présidence de la République a par exemple passé le cap des 150 000 abonnés, celui du Ministère des Affaires étrangères les 170 000 abonnés et celui du Ministère de l’Éducation nationale dépasse les 82 000 followers !
Lancé avec une page Facebook officielle en marge du premier discours de politique générale de Jean-Marc Ayrault, les actualités de @Matignon sont observées quant à elles par 4 600 abonnés un peu plus de trois semaines après son premier tweet. Un lancement qui n’est pas passé inaperçu puisque son community manager avait omis d’ajouter …Jean-Marc Ayrault dans ses abonnements (#FAIL #onamalpourlui).
Une présence fréquemment superficielle
Débarquer sur Twitter et Facebook, c’est bien, mais le faire uniquement pour dire que l’on y est, c’est inutile ! Pour vous c’est une évidence, mais malheureusement beaucoup d’institutions publiques considèrent encore leur activité sur les réseaux sociaux comme secondaire et éloignée de leur stratégie globale. Le baromètre Collectivités territoriales et réseaux sociaux montre notamment que plus de la moitié des pages Facebook ont une activité faible (25%) ou même inexistante (30%). En résumé, peu de fans, pas d’activité réfléchie …il y aurait donc un lien entre la présence d’un vrai community manager et l’augmentation du nombre de fans ?! CHUT, C’EST UN SECRET !
Cet état des lieux, pas très motivant, est malgré tout à nuancer. Car oui, la tendance est à la prise de conscience [très] progressive et chaque mois voit son lot de pages prendre vie. Espérons que les CM auront dans leurs mains les moyens des nouvelles ambitions de leurs responsables et auront suffisamment de libertés pour mettre en place des concepts originaux. Globalement, le développement de la stratégie numérique est un chantier durable et les pouvoirs publics nécessitent parfois plus de temps pour que le fruit de leurs projets puisse être visible. Le côté très vintage de nombreux sites internet (au hasard…celui-ci et celui-là) confirme cette hypothèse.
Quelques cas pratiques à suivre
Jeter un œil régulier à ce que font quelques unes des principales institutions publiques, c’est toujours instructif. Pour conclure cet article, voici des exemples intéressants d’animation de pages Facebook et de profils Twitter.
- les pages Facebook du Ministère des affaires étrangères et de la région Picardie
Quoi ?! Elle n’a rien d’extraordinaire cette page ? Lorsqu’on doit animer la page Facebook du Ministère des affaires étrangères, pas facile d’intéresser au premier abord. Et pourtant, le résultat parle pour lui-même : un mélange délicat entre fun avec des vidéos et photos, pratique avec le listing des ambassades, informatif avec des éléments d’actualité, le tout avec des interventions ponctuelles du community manager… La simplicité a du bon !
La page Facebook de la région Picardie va encore plus loin : un changement régulier de la photo de couverture (pour montrer les beautés diverses de la région), des posts d’interpellation de l’internaute, des jeux-concours, des informations légères …de quoi vous donner envie de déménager !
- les profils Twitter des villes de Paris et Bordeaux
Paris, c’est la plus grande collectivité locale du pays. Donc il y a du budget et un pôle dans la direction de la communication de la municipalité qui est dédié à ce domaine. Malgré tout, l’animation d’un profil Twitter n’a pas grande chose à voir là-dedans. Au-delà du fait que l’aspect visuel du compte rejoint celui des autres outils de communication numérique de la ville, un véritable effort est fait pour valoriser ce qui se dit de Paris sur le réseau social, pour relayer les actions d’autres instituions qui lui sont liées et pour dialoguer avec les personnes qui l’interpellent. Le profil Twitter de Paris est un modèle.
Assez proche, le profil Twitter de la ville de Bordeaux fait des interventions plus institutionnelles que le précédent mais dialogue avec les internautes et retweete facilement des informations qui lui sont liées, notamment celles qui proviennent de médias.
C’est un choix subjectif et incomplet qu’il vous reste à compléter ! Postez vos commentaires !


















Je noterai aussi ma très agréable page facebook de la manche, qui a un vrai dialogue avec ses fans et organise même des meetup IRL : https://www.facebook.com/MancheTourisme (oh, et elle dépasse de peu les 30 000 fans… héhé).
une belle initiative à souligner: https://de.foursquare.com/francediplo
Jolie utilisation de Foursquare pour informer !
En lisant ton article, je me suis dis “mais si la Picardie enfin !” mais du coup tu en as parlé donc je m’incline.
Je suis d’accord avec toi, les collectivités pour leur grande majorité accusent un retard indéniable, cependant je trouve que il y a des efforts notables : Toulouse fait régulièrement des choses intéressantes sur Facebook, il y a de l’engagement grâce à de la valorisation, de la discussion, des actions ponctuelles, une bonne compréhension de l’outil Timeline, etc. (ps : je ne suis pas Toulousain
). Le département du Var est pas trop mal non plus… Enfin bref voilà.
Après si on sort un peu du sujet, on a des OT comme Nantes Tourisme ou alors des manifestations culturelles gérées apr les collectivités comme Marseille-Provence ou le Voyage à Nantes…
A mon avis, il y a un problème de mentalité vis à vis des médias sociaux dans ces structures, peu à peu on commence à comprendre les enjeux en termes de promotion du territoire et de parole citoyenne, mais comme dans tous les domaines il y a une période d’adaptation plus longue que dans le privé… Pourquoi ? Difficile à dire… Probablement une déconnexion avec un univers ma foi très business qui fait que ces structure ne sont pas dans le “flux”…
Très bon article en tout cas
Merci !
Merci pour ton commentaire qui fait plaisir Gilles et ainsi qu’à toutes celles et tous ceux qui en profitent pour donner de nouveaux exemples.
Tu as tout à fait raison, Toulouse a une super stratégie qui mérite d’être évoquée. Pour élargir le sujet, la marque OnlyLyon est aussi un exemple visible et intéressant qui arrive habilement à se retrouver sur les réseaux sociaux. Il y a quand même une sacrée richesse et des initiatives originales qui auraient pu faire prolonger cette liste d’exemples à l’infini
Merci Romain pour la mention de la Région Picardie ! Quand on lit “de quoi vous donner envie de déménager” dans une Région qui souffre de pas mal d’a priori, ça fait drôlement plaisir et ça motive à redoubler encore d’efforts. Merci aussi à Gilles pour sa vigilance
Si je peux me permettre de réagir, je vois dans les commentaires des gens qui parlent des pages touristiques. C’est une problématique à mette un peu à part, dans la mesure où le thème “tourisme” n’est presque jamais un sujet traité en direct par les collectivités. Il y a des comités régionaux du tourisme (CRT) et des comités départementaux (CDT). Chez nous, le CRT est très présent sur Facebook et de ce fait je ne parle que de manière marginale du tourisme, le plus souvent pour relayer leur contenu. Et le sujet “tourisme” est hyper fédérateur, ce qui crée une forme de handicap pour les collectivités qui se retrouve à devoir trouver un moyen d’aborder des sujets moins “fun”. Donc il faut bien se garder de rapprocher la page “Manche Tourisme” de celle du CG de la Manche dans l’analyse quanti et quali.
Ensuite, c’est vrai que 20.000 fans c’est peu, mais il y a encore 1 an et demi, nous en avions moins de 1.000, donc on progresse, et à l’heure où on se laisserait bien tenter par de l’achat de publicités ciblées sur Facebook pour faire connaître la page, nous sommes bloqués par des problèmes juridiques liés au code des marchés publics etc. Bref, effectivement, dans un monde très “marketing” et business, pas toujours évident pour le service public et le secteur non-marchand de trouver sa place
Mais on y travaille !
Attention à ne pas confondre (je le dis pour Jade) les pages des collectivités (Régions, Départements, Villes et Communautés d’agglo avec des majuscules) avec celles des destinations touristiques représentant ces mêmes territoires. Car les pays et destinations touristiques ont bien compris depuis longtemps l’intérêt de faire partager leurs attraits et leur offre sur les réseaux sociaux.
Merci d’avoir pensé à notre page Facebook pour cet article, ici on est très très fiers d’avoir été cités !
Merci pour cet article qui met en avant les bons exemples du public. Vivant à l’étranger, je voulais aussi souligner le fait que les consulats et ambassades ont aussi une bonne présence. Un exemple: le compte twitter du consulat de New York est dynamique, avec de la conversation, des jeux, et l’info essentielle pour les administrés.
Sinon, pour avoir fait quelques passages dans des services com d’institutions publiques, je dirais que le retard est souvent dû à une peur des élus et de certains administrateurs de laisser les citoyen s’exprimer sur les politiques de l’institution. Heureusement, les mentalités changent!
Le deuxième problème, le plus important certainement, c’est le manque de flexibilité pour le recrutement de personnes compétentes. Vous connaissez bcp de community managers qui ont envie de passer les concours de la fonction publique?
Sans oublier le Sénat, bien sûr !
Sur Facebook : http://www.facebook.com/senat.fr et Twitter : twitter.com/senat_Info.
Content que vous appréciez Noémie et David
Bonjour à tou(te)s !
Je me présente, je m’appelle Richard et je m’occupe du CM pour la CCI de Reims et d’Epernay.
Pour apporter ma pierre à Romain, et pour partager avec vous les fruits d’un 1ère année d’expérience ; la clé, c’est bien de brancher les réseaux sociaux à l’organisation traditionnelle d’une structure institutionnelle.
De fait, l’arrivée des réseaux sociaux induise un sacré changement de paradigme, qui ré-interroge complètement les habitudes de travail & les circuits de décision quant il s’agit que de produire de “l’information sortante”.
Inutile d’expliquer alors qu’on peut ainsi passer pas mal de temps en équipe pour éclairer sur les philosophies qui animent ces nouveaux espaces de dialogue, sur les possibilités qui y sont offertes et que surtout les gens vont donner leur avis ; )
J’aime beaucoup la période actuelle car la confiance qui m’est accordée me permet de tester tout un tas de formules à partir du moment où cela répond à un des objectifs que la Chambre de Commerce s’est donné : c’est tout simplement passionnant !
Pour améliorer mes résultats, réseauter avec un grand nombre de nos partenaires institutionnels en région et pour accompagner ceux qui ne sont pas encore dotés d’un volet réseaux sociaux, nous avons initié fin 2011 le Club des Community Managers Institutionnels, qui a pour objet de partager nos expériences sur l’ensemble de ces facettes : vous y êtes plus que les bienvenu(e)s > https://www.facebook.com/groups/227090707358798/
Bonjour,
Je me présente à mon tour, je m’appelle Alexandre Durain et je dirige en ce moment une Agence de Communication Digitale (http://www.optra.fr) et la société http://www.so-buzz.fr qui est une plateforme applicative pour Facebook et Cie…
Bref, commentaire super juste de ta part Richard et je dois constater dans tous mes RDV et sur toutes les formations que je fais dans les institutions que le fond du problème c’est le processus de délégation.
Chambre de commerce, régions, villes, etc… semblent fonctionner avec des mécanismes de contrôle assez contraignant, ne permettant pas à un collaborateur même brillant de communiquer trop librement.
J’aimerai bien rejoindre le groupe Facebook dont tu as donné le lien pour en discuter plus largement mais il semble ne pas marcher à moins que Facebook soit passagèrement planté
ce qui n’est pas si rare
Alexandre.
Merci pour ton commentaire Richard. Je te rejoins totalement sur le besoin “bien de brancher les réseaux sociaux à l’organisation traditionnelle d’une structure institutionnelle”.
Bonjour,
Pour votre information, l’Agence Française pour les Investissement Internationaux (AFII) – The Invest in France Agency – est très présente sur les réseaux sociaux.
Je vous invite à rejoindre notre réseau sur LinkedIn en vous connectant au profil de la Community Manager ou en rejoignant le groupe Invest in France Agency.
Vous pouvez également nous suivre sur Twitter: @InvestinFrance
Par ailleurs, nous avons un blog trilingue (Française, anglais et espagnol): http://blogs.afii.fr/fr/
Bonne découverte!
Je me demande si le public est vraiment en attente que les institutions soient présentes et actives sur Internet et les réseaux sociaux. je parle seulement de mon cas personnel. Je travaille dans une CARSAT (= branche retraite de la Sécurité sociale) où a été mis en place 2 pages Facebook alimentés régulièrement, 1 page Google+, ainsi que des services en ligne et des communautés dédiées (CARSAT Midi Premium). Je constate que malgré les efforts faits, les assurés ne fassent pas trop réactifs aux efforts mis en place par une administration.
Les musées font aussi partie des institutions publiques (en tout cas la majorité) et ils sont confrontés aux mêmes types de problématiques : pertinence pour les dirigeants, intérêt stratégique d’investir du temps et de l’argent quand les ressources financières et humaines sont réduites. Pourtant, il y a de nombreux exemples qui s’en sortent très bien : le Centre Pompidou sur Facebook et sur Twitter , le musée de Cluny sur Twitter , le Jeu de Paume sur Google+ , etc. Et, pardon pour l’auto-promo, nous faisons de notre mieux au musée du quai Branly pour installer une politique numérique globale, comprenant les RSN autant que l’expérience de visite IRL et URL.