Ces promos de film qui ont marqué les réseaux sociaux

Ces promos de film qui ont marqué les réseaux sociaux

Dans le plan de communication cross media des productions cinématographiques, les réseaux sociaux font désormais partie du jeu. Jusque-là, rien de nouveau. Certaines promotions de films valent pourtant le détour et ont dernièrement fait parler d’elles de façon pour le moins inattendue…voire illégale. Et si on reconsidérait vraiment la promotion de films sur le web?

Le cas de “Un illustre inconnu”, avec Matthieu Kassovitz

A l’automne 2014, Pathé et l’agence Darewin (Paris) créent une expérience inédite pour promouvoir la sortie du film “Un Illustre inconnu” avec Matthieu Kassovitz…Quarante personnalités influentes se retrouvent prises au jeu de l’usurpation d’identité à l’instar du pitch du film, où le personnage principal passe son temps à imiter les gens qu’il rencontre. Ces journalistes ou blogueurs reçoivent un matin une demande d’ajout d’ami sur Facebook. Inquiétant : la personne en question porte le même nom et prénom qu’eux, affiche la même photo de profil et les mêmes informations personnelles…voire les mêmes amis. La réaction est à la hauteur du scenario. Excédés, les piégés en parlent sur les réseaux sociaux, dénoncent la manoeuvre et signalent les profils…qui disparaissent peu de temps après. (témoignage de Louis Lepron)

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Un détail intriguant s’ajoute à l’histoire : un regard qui ne laisse pas le spectateur insensible est ajouté à toutes les photos des « clones » : il s’agit de celui de Matthieu Kassovitz, et l’effet glaçant fonctionne lorsque quelques minutes après, les piégés reçoivent une bande-annonce du film personnalisée pour chacun d’entre eux, puis une invitation pour l’avant-première.

Si la viralisation du sujet est réussie, il reste un goût amer dans les écrits des influençeurs ayant subi l’expérience…Une angoisse est montée pour la plupart d’entre eux à la découverte de leur profil cloné et de leur identité usurpée. Certains regrettent de ne pas avoir été informés de l’opération avant et de ne pas avoir participé à la mise en scène, plutôt qu’y avoir été contraints de façon plus ou moins bien cordiale…Il est bon de rappeler tout de même que l’usurpation d’identité, même sur les réseaux sociaux, est passible d’une peine d’un an d’emprisonnement et de 15 000 euros d’amende. De quoi refroidir les moins avisés sur le lancement de certaines campagnes social media légèrement borderlines !

Le cas d’Ex-Machina, avec Ava

Utilisateurs de Tinder, avez-vous eu la chance de rencontrer Ava ? Peut-être même avez-vous pu lui parler ? La supercherie a été dévoilée à l’occasion de la sortie de la bande-annonce du film Ex Machina, un film de Science-Fiction d’Alex Garland. Eh oui, Ava, 25 ans, bien qu’attirante, n’est pas vraiment réelle : derrière cet avatar se cache la comédienne Alicia Vikander, à l’affiche du film qui sortira sur nos écrans en octobre 2015.

C’est une première dans le monde du cinéma, après Facebook, Instagram, voire Vine et Snapchat, Tinder n’avait pas encore été exploité dans la promotion d’un film. Ava s’est amusée à draguer les journalistes et les internautes afin de les diriger sur le compte officiel d’Ex Machina, comprenant vidéos et photos du film.

Ava

Un journaliste d’Adweek restranscrit ses échanges avec le robot Ava : c’est elle qui pose les questions!

« Puis-je te poser quelques questions ?
– Es-tu déjà tombé amoureux ?
– Qu’est-ce qui fait de toi un être humain ?
– Qu’est-ce qui t’attire chez moi ?
– Où voudrais-tu que l’on se rencontre ?”

Elle ne laisse pas le temps à son interlocuteur de répondre et ses questions/réponses sont programmées à l’avance, et sont les mêmes, quelque soit l’interlocuteur…Malgré ce côté automatique qui fait perdre de son charme à l’opération, la champagne affole tout de même la toile et mets en évidence le test de Turing (proposition de test d’intelligence artificielle fondée sur la faculté d’imiter la conversation humaine). Alors, conquis par la démarche?

« Tu es intelligent.
Tu as passé mon test.
Va jeter un œil sur mon compte Instagram et dis-moi si j’ai passé le tien 🙂 »

Le cas de 1915 The Movie, avec Simon Abkarian

La promotion de 1915 The Movie, un retour sur le génocide arménien cent ans après représente peut-être le futur de certains films sur les réseaux sociaux…

Exclusivement promu sur le web et dans une campagne social media plutôt commune (Facebook, Instagram, Twitter et Google +), le film n’est pas encore sorti en salles et n’est pas programmé pour l’être de façon « traditionnelle ».

1915

Dans la lignée participative de la définition des réseaux sociaux, le message est clair : join the team ! Comment impacter réellement des communautés et les impliquer dans la sortie d’un film? Le trailer et les images sont disponibles uniquement sur les réseaux sociaux, amènent sur un site de pré-vente, et portent sous l’étendard « BRING THE MOVIE IN YOUR CITY » la marque d’une indépendance cinématographique et communautaire forte.

1915-viral

Pas de distributeur, un film profondément engagé, une communauté qui s’agrandit au fil des mois et rejoint le mouvement 1915…En dehors de tout « buzz » extravagant ou opération poussée, la force des réseaux sociaux est déployée lentement, mais sûrement, pour plus de liberté cinématographique et plus de collaboration entre les artistes et les spectateurs…

A propos de l'auteur

Jessica Rolland

Jessica Rolland  (11 articles)

Community Manager depuis 2012, je propose à mes clients du conseil et des formations en stratégie social media ainsi que des prestations de community management externalisé. Passionnée par l'entrepreneuriat et le webmarketing, j'aime travailler avec des structures en phase de lancement et les accompagner dans cette belle aventure, pour un démarrage éthique et cohérent sur les réseaux sociaux.

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