Réseaux sociaux et rumeurs: un cocktail détonnant !

Comme vous l’avez peut-être constaté, l’article que nous avons publié en début de semaine s’intitulant « [exclu]comment activer la timeline pour les pages ? » a suscité de nombreuses et vives réactions. Ce billet au titre volontairement alléchant était une supercherie destinée à dénoncer certains phénomènes dans la diffusion de l’information sur internet et notamment sur les réseaux sociaux. Il ne s’agit absolument pas d’un mea culpa mais toute expérience amène des résultats que nous souhaitons proposer dans cet article.

 

Pourquoi un tel article ?

Comme disait Léonard de Vinci : « Dis-le moi et je l’oublierai; écris-le moi et je m’en souviendrai; fais-moi le vivre et je comprendrai » et c’est ce que nous avons fait. Nous avons voulu vivre par nous même ce phénomène, le constater de nos propres yeux et tenter de le comprendre. Mais bien plus encore nous avons voulu le faire vivre à nos internautes.

Précision préalable mais nécessaire il ne s’agit évidemment pas d’une étude approfondie mais l’expérience nous permet tout de même d’apporter quelques éléments de réponse et d’émettre certains constats et hypothèses.

Revenons au fond de l’article. Comme toute expérimentation celle-ci avait pour but d’obtenir (ou du moins tenter d’obtenir) des réponses à de véritables interrogations de fond que nous avions déterminé en amont :

  • La confiance en une personne est elle suffisante pour relayer une information ?
  • Quels risques y a-t-il à partager un article sans le lire ?
  • Le titre de l’article suffit-il pour inciter les internautes à relayer l’article ?
  • Y a-t-il des risques inhérents aux systèmes de partage automatique de contenu ?
  • Quel est l’impact sur la notoriété et la crédibilité de « l’annonceur » ?  


Pour quels résultats ?

La confiance en une personne est elle suffisante pour relayer une information ?

Visiblement oui. Le crédit accordé à une personne semble être suffisant pour témoigner de la véracité, de la crédibilité et de la pertinence d’une information qu’il relaie. Beaucoup pratiquent ainsi le « partage avant lecture ». Mais ce n’est pas parce qu’un tel bénéficie d’une légitimité et d’une expertise reconnue dans un domaine particulier que vous serez nécessairement d’accord avec tout ce qu’il dit. Il peut également arriver que ces personnes publient des articles dénués de tout intérêt simplement pour faire « vivre leur blog » (ce que je comprends tout à fait étant donné le temps que nécessite une activité régulière de bloggeur). Vous risquez donc de relayer à votre réseau un article inintéressant et perdre ainsi du crédit à leurs yeux.        

Quels risques y a-t-il à partager un article sans le lire ?

J’en vois principalement deux (mais pas des moindres) :

  • La propagation de rumeurs : une information est diffusée sur un réseau social et par l’effet viral celle-ci prend une ampleur considérable en quelques heures. Les personnalités font souvent l’objet de ces rumeurs (annonce de leur mort par exemple). Mark Twain (écrivain, essayiste et humoriste américain) disait à juste titre « un mensonge peut traverser les États-Unis pendant que la vérité est juste en train de mettre ses chaussures ». Notre test l’a (encore) prouvé : au bout de 5 minutes le site est tombé en raison de l’importance du trafic généré (non pas par le fond de l’article mais par l’attrait du titre). Après 4 heures l’article avait déjà été enregistré plus de 200 tweets.
  • Vous risquez également de vous discréditer auprès de votre audience. Je l’évoquais précédemment et ne reviendrais pas plus dessus mais vous pouvez tomber dans le piège de diffuser à vos followers (pour ne parler que de Twitter qui se prête beaucoup plus à une diffusion rapide que les autres réseaux sociaux) des articles peu « ragoutants ».  Le tweet compulsif peut donc être préjudiciable à son « auteur » car dans la masse d’information qui circule (l’infobésité) des inepties peuvent se glisser ! La course à l’influence est en partie « responsable » de cette maladie mais c’est un autre débat dans lequel je n’entrerai pas (aujourd’hui).

Le titre de l’article suffit-il pour inciter les internautes à relayer l’article ?

Je ne vais rien vous apprendre en vous disant que le titre d’un article est l’élément déclencheur de sa lecture. Son choix doit être minutieux et est primordial pour susciter l’intérêt et la curiosité du lecteur. Ce qui est plus étonnant c’est de juger la qualité et la pertinence d’un article juste à son titre, peu importe que l’article provienne d’un site que nous avons l’habitude de lire pour la qualité de ses publications et dans lequel nous avons confiance. En l’espèce nous avions volontairement choisit un titre à buzz pour amplifier « l’envie » de diffuser l’article simplement après lecture de son titre. Malheureusement il est très dur de quantifier précisément les personnes qui ont retweeté cet article sans le lire essentiellement pour quatre raisons :

  • les personnes en accord avec la démarche et intéressées par le fond du sujet ont joué le jeu de retweeter cet article, généralement en formulant certains avertissements en début de messages : RT malin, FAKE, Lisez toujours avant de partager, Poisson d’avril…
  • Le site étant resté inaccessible de nombreuses personnes ont tweeté cet article sans pouvoir le lire
  • De nombreux Twittos ont effacé leur tweet après s’être rendu compte de la supercherie
  • Les systèmes de partages automatiques faussent la donne

Y a-t-il des risques inhérents aux systèmes de partage automatique de contenu ?

Pour moi la réponse est clairement oui. Cet exemple le démontre parfaitement. Il y a beaucoup de sites que j’ai pris l’habitude de consulter quotidiennement et malgré tout l’intérêt que je leurs porte, je ne conçois pas de partager un article sans le lire. La raison est simple : lire les articles permet de faire une sélection. Si je tweete automatiquement tous les articles d’un site aucun d’entre eux n’est valorisé et toutes les publications sont sur un même pied d’égalité. De plus partager tous les articles d’un site (aussi qualitatifs soient-ils) n’a pas grand intérêt car le compte Twitter ou la page Facebook du dit site s’en charge très bien.

Quel est l’impact sur la notoriété et la crédibilité de « l’annonceur » ?

Lancer un tel test était un pari risqué que nous avons choisi de relever, conscients de mettre en péril la confiance des internautes dans nos publications. Au regard des différents commentaires et retours (dont vous trouverez un panel ci-après) on peut affirmer que notre crédibilité n’est en aucun cas remise en question. La démarche a été dans l’ensemble très appréciée car représentative d’un véritable fléau phénomène

Nous savons que certains d’entre vous (une minorité) se sont sentis trompés par cette initiative et regrettons que ce soit ce sentiment qui prédomine après la lecture de l’article et non les véritables interrogations qui nous ont poussé à l’écrire. Cet article n’a pas vocation à être considéré une blague ou un hoax mais tente (aussi bien que mal) d’apporter un éclairage, un point de vue, une critique et une argumentation sur un fait que nous considérons comme « dangereux » pour l’information.

De plus, je ne crois pas que la confiance envers un site internet doive s’apprécier sur un seul article mais sur un ensemble de publications. Concernant MyCM les lecteurs « fidèles » peuvent ainsi constater que nous nous efforçons de proposer des réflexions de fond, argumentées et illustrées.

Comme je vous le disais précédemment et afin de vous livrer un retour d’expérience le plus complet possible voici une synthèse des commentaires récurrents qui ont été émis à propos de cet article :

  • « Pas top le hoax sur la timeline business, vous vous décrédibilisez »
  •  « Qui est le plus imbécile, le community manager qui ne lit pas un article avant de partager ou celui qui répand des fausses rumeurs pour attirer l’attention? »
  • « L’article est juste une parfaite illustration de ce qu’on appelle la preuve par l’exemple »
  • « Je partage, juste pour la belle leçon »
  •  « Naze. Ca aurait pu être dangereux pour les community managers passionnés qui se sont empressés de le communiquer à leur boss »
  • « Je serais bien tentée de le partager pour la réflexion que ça engendre, justement »
  • « Il est aussi humain qu’un mec prenne en compte vos titres les yeux fermés »
  • « Bravo pour le coup de poker »
  • « Vous m’avez déçu »
  • « Ah la frustration !!! Comme quoi une petite lecture avant de partager, c’est mieux ! »
  • « Aucun intérêt un article qui a pour seul but d’amener du trafic sur votre site »
  •  « C’est un article personnal branling, vous vouliez montrer votre « influence » »
  • « Comment avoir confiance dans les prochaines publications ? »
  • « C’est un appel à la vigilance. Bonne initiative »

Quelle conclusion ?

Nous estimons que cette expérience a été un succès étant donnée l’avalanche de retours et de débats qui ont suivi cet article. Sans revenir sur la supercherie mais en nous attardant sur le fond de l’article nous pensons avoir mis le point sur un sujet sensible et délicat (déjà abordé dans d’autres blogs) qui pousse à se poser certaines questions. Les statistiques de l’article en témoignent :

 

Et merci à vous…

Nous voulions également vous remercier pour vos réactions et commentaires qui démontrent une fois de plus que l’esprit communautaire de MyCM réside dans les échanges et les partages avec les membres. Cette émulation nous permet d’avoir des débats constructifs et d’enrichir considérablement les articles proposés.

Source des images :
http://poncier.org/blog/wp-content/2010/09/confiance1.jpg
http://www.blog-n97.fr/wp-content/uploads/2009/04/rumors.jpg
http://www.agoravox.fr/local/cache-vignettes/L400xH274/moutonJPG-15155c-52a2c.jpg 

A propos de l'auteur

Francois Combes

François Combes  (28 articles)

Je n'aime pas me décrire car je pense que toutes les personnes me voient d'une manière qui leur est propre. Etant obligé je vais tout de même vous dire quelques mots : je suis diplômé d'une école de commerce de Toulouse. J'ai travaillé 24 mois dans la communication et je suis passionné par tout ce qui touche de près ou de loin au web 2.0 (techniques, outils, stratégies...). N'hésitez pas à me contacter pour en savoir plus sur moi.

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