[Post-it War] La génération 80 a encore frappé

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A Paris, le mois d’août signifie métros déserts, ville remplie de touristes et surtout Paris Plages… Mais l’été 2011 aura surtout marqué les esprits de manière incongrue

On a vu fleurir sur les tours de verre de Montreuil  des Spaces Invaders  et autre Pacman… Format géant, tous colorés, ces figures emblématiques de nos jeunes années se livrent bataille depuis cet été : c’est la Post-it War !

Et la guerre s’étend déjà à Lyon et à Lille ! J’entends déjà les Soixante-huitards s’exclamer : Mais où va-t-on ?

En fait, c’est très simple ! Et je vais vous l’exposer…

Les origines

Outre le fait qu’Ubisoft a entamé l’offensive, et que la BNP a riposté, c’est en fait toute une génération qui s’exprime via ces bouts de papier colorés, ces pense-bête, ces… Post-It !

Il n’est en rien étonnant que l’origine de ce mouvement fort plaisant, empli de nostalgie et de créativité soit Ubisoft. Cette entreprise française, éditrice de Jeux Vidéos depuis 1986 a grandi avec cette génération dont nous faisons partie. Il est fort à parier que la majeure partie des collaborateurs sont en fait des gamers, novices ou confirmés, qui ont fait leurs premières armes sur des Rayman et autres Prince of Persia.

Mais ce qui a réellement mis le feu aux poudres, c’est la riposte de la BNP de la tour voisine ! Qui aurait cru que les banquiers riposteraient à une telle « provocation » ? On a tous en tête l’image du banquier, coincé, la quarantaine passée, assis sur son fauteuil à compter les sous ! Eux aussi ont pris leurs blocs de Post-It et ont répondu à la provocation ! A la vue de cette réaction, il nous faut dépoussiérer cette image dépassée que je viens de dépeindre !

Pourquoi Ubisoft aurait des salariés plus jeunes ? Pourquoi les salariés de la BNP ne joueraient-ils pas (n’auraient-ils pas joué) aux jeux vidéo ?

En fait, ces fantassins, à la solde du Général Post-It, ne sont rien d’autre que les enfants de la Génération 80, qui a encore frappé ! Mais quels sont les stigmates qui la caractérisent ? Qu’est-ce qui fait que cette génération, outre ses occupations diverses ont un (voire plusieurs) point(s) en commun ?

Les stigmates

C’est à l’aube de l’ère numérique que tout a commencé. Nous sommes dans les années 80. Avec l’arrivée des premiers ordinateurs (sans disc durs) fonctionnant avec des disquettes souples, dans les premières entreprises, c’était le domaine réservé des programmeurs et des développeurs… A mesure que la technologie évoluait, les ordinateurs devenus PC sont rentrés peu à peu dans les chaumières. C’est là que la génération 80 a grandi.

Souvent décrite comme génération Y ou « digital native », la Génération 80 a plus que l’utilisation de l’ordinateur en commun… On l’a évoqué plus haut, ce sont les jeux vidéo, les consoles, les héros, tels Pacman, Sonic et Mario… Mais pas non plus uniquement ! En France, c’était les années Club Dorothée, les premiers Mangas (leur démocratisation) via Goldorak, Les chevaliers du Zodiac, etc.

C’est le fait d’avoir été à l’école, où l’on nous enseignait qu’à la place de l’actuelle Fédération de Russie il y avait l’URSS ! A la place de l’Euro, on payait en Francs et 100 Francs ça voulait dire quelque chose, c’était une vraie somme ! Mais assez de nostalgie !

Cette Post-It War n’est rien d’autre que le reflet d’une génération qui a du s’adapter à de nouveaux paradigmes, à qui l’on a dit « vous verrez, quand la génération du Baby Boom s’en ira en retraite, vous n’aurez aucun mal à trouver du travail ». Cette génération sacrifiée au profit des logiques financières, de la compétition, de l’éternelle remise en question de ses propres valeurs.

Certes me direz-vous que la vie est plus facile, avec l’ouverture des frontières, on peut désormais voyager partout. Soit ! Cela a permis à cette génération de partir s’instruire à l’étranger, d’ouvrir son esprit au monde, désormais pacifique (sans la peur d’un conflit nucléaire lié à la Guerre Froide).

Ceci étant, je reste dubitative quand je vois les places boursières s’effondrer, les récents événements londoniens, et autres menaces de nature plus privée, comme la précarité de chaque situation professionnelle !

Désormais plus rien ne m’étonne, pas même cette Post-It War qui n’est en fait que le stigmate de ce raz le bol général de cette génération qui lutte sans relâche pour une reconnaissance de ses pairs aînés qui tarde à venir, à qui l’on hésite à confier des missions intéressantes, des responsabilités auxquelles ils sont d’ores et déjà confrontés, et ce depuis leur plus tendre enfance ! Attention, mon propos n’a en aucun cas vocation à être polémique, au contraire ; j’établis les faits de manière telle à ce que vous puissiez réaliser que cette génération est loin d’être née avec une cuiller dorée dans la bouche et qu’en dépit d’un accès facilité à l’information, on nous en demande toujours plus !


Les implications

Avec la Post-It War, c’est également tous ces métiers considérés comme non créatifs qui peuvent s’exprimer. Que l’on soit dans l’industrie, les services financiers, etc. tout le monde a au moins une activité créative (musicale, picturale, etc.) ou du moins est sensible à l’art. En plus de faire parler des sociétés qui auront fait le plus d’œuvres, ou les œuvres les plus créatives ou spectaculaires, c’est une merveilleuse opportunité, sur les médias sociaux de constater d’une tendance que les agences en marketing et en communication pourront exploiter !

Déjà c’est Post-It qui doit se frotter les mains ! Ou du moins 3M qui est propriétaire de la marque. Car outre l’aspect Street Marketing et les emblèmes qu’ils sont censés former sur les vitres des Tours de bureaux, c’est une génération spontanée et totalement gratuite de publicité pour la société 3M qui se paye donc le luxe d’avoir un mouvement à son nom ! Certes c’est un phénomène encore très sporadique (Paris, Lyon et Lille désormais), mais comme tout mouvement qui naît dans les grandes villes, et à la faveur des réseaux sociaux, il est fort à parier que le mouvement s’étendra rapidement à l’Europe !

De plus, la surenchère que propose le Site www.postitwar.com mis en place par l’agence Gustibus et Coloribus n’est pas là de vouloir mettre un terme au mouvement, puisqu’il s’agit d’une petite agence en Communication digitale qui souhaite faire parler d’elle… Pour ce faire, ils encouragent les internautes à partager leurs photos de leurs réalisations sur le concept d’une compétition déjà lancée début juillet. C’est un coup que je considère comme intéressant et je leur souhaite bien du succès !

Pour conclure, car il le faut bien, je dirais que ce mouvement social a une vocation communautaire, car il fait référence à des images liées à notre enfance, aux arcades où certains allaient jouer… De plus, c’est un mouvement qui est relayé sur les Médias Sociaux (sur Twitter notamment avec le Hashtag #PostItWar). C’est en effet un réel mouvement social où chacun peut y aller de sa créativité en matière de Pixelart, de collage, et j’irais même jusqu’à dire de Popart. Et la propension qu’ont les participants de partager leurs réalisations, leurs trouvailles et l’engouement populaire ne ment pas ! Espérons que ce mouvement populaire ne partira pas comme il est venu et que les mois prochains, à l’heure où les arbres perdront leurs feuilles, la grisaille hivernale sera illuminée toujours par ces images issues de notre enfance, en couleurs vives…

Après je peux vous demander votre avis, à vous, chers lecteurs, de la raison du succès de la Post-It War ? De l’influence du Social Gaming ? Merci de votre participation !

Crédit images :
http://dailygeekshow.com/wp-content/uploads/2011/08/post-it-war_2.jpg
http://dailygeekshow.com/wp-content/uploads/2011/08/post-it-war.jpg
http://www.tumblr.com/photo/1280/8693839723/1/tumblr_lpo6zefHSX1r0lx0j
http://actuzz.com/wp-content/uploads/2011/08/pacman-post-it.jpg

A propos de l'auteur

Anne Delauney-Ladevèze

Anne Delauney-Ladevèze  (21 articles)

Consultante en stratégies social média chez Brainsonic, je suis en charge de réaliser pour mes clients la stratégie en termes de référencement naturel, de liens sponsorisés et de référencement social. Anciennement Community Manager à l'International pour un cabinet d'études de marchés et Responsable Marketing, Communication et Webmaster pour un éditeur d'ERP en Allemagne, je suis trilingue (français, anglais, allemand) et je me remets tant bien que mal à l'Italien. Mes passions dans la vie ? Les voyages de longue durée dans les Pays de l'Est et Scandinaves, la photographie, l'art sous toutes ses formes, les amis, la famille ! Point caractéristique ?! Curiosité et soif de savoir, surtout de partager !

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