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My Community Manager

14 janvier 2011

Portrait de Communauté : nous on fait la Révolution ! Et vous ?

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On aura beau s’évertuer à créer ou à animer une communauté autour d’un objectif, d’un produit ou d’un service particulier ; c’est limite peine perdue si on n’essaie pas de savoir à qui l’on s’adresse. Il est de fait hautement nécessaire de savoir cibler la communauté dans sa psychologie, sa culture et surtout à travers son histoire.

Prenez par exemple deux types de communautés que nous connaissons à priori assez bien : une communauté française et une communauté américaine. Mis à part une différence notoire de langue, on se dit à priori que nous ne nous différencions pas tellement l’une de l’autre, les français consomment tous les jours des produits américains, tels que Coca Cola, séries télévisées, et autres café Starbucks. Les américains quant à eux ne se lassent pas de notre art de vivre, de notre gastronomie et de nos chers paysages (notamment la Côte d’Azur). Là, nous ne voyons que la partie émergée de l’iceberg.

1. Les différences entre les communautés française et américaine

Let’s take a closer look… Lorsqu’on lit la presse américaine, on voit toujours des titres qui nous laissent sceptiques mais hautement révélateurs « As US becomes more diverse, Hispanics flourish » (Reuters 21.12.2010). En considérant les minorités ethniques dans leurs statistiques, les Etats-Unis ont déjà créé des communautés.

Vous avez dans doute déjà pu remarquer justement dans ces séries télévisées où le héros se retrouve à assister à un séminaire présenté (ou devrais-je dire animé) par un homme en costar-cravate, généralement beau gosse avec un micro accroché à son oreille, un peu comme s’il avait une oreillette bluetooth… Avez-vous déjà remarqué cette ferveur dont l’assistance fait preuve ? Ils scandent tous le même slogan, applaudissent à chaque parole du prêcheur, heu pardon, de l’animateur devrais-je dire.

Avez-vous déjà vu telle ferveur autour d’une cause quelconque en France (hormis pour les rencontres sportives, notamment internationales où les français ont un bon niveau) ?

On le sait tous, aux États-Unis, il existe dans les Suburbs des associations de voisins qui veillent à la sécurité du quartier, et qui organisent aux beaux jours des barbecues, s’arrangent pour garder les enfants du quartier, etc. En France, je ne serai que trop prudente sur la récente « création » de la « fête des voisins ».

Cependant on notera une certaine capacité de mobilisation de la part des français autour des événements touchant à leurs acquis sociaux notamment : dernier exemple en date, les retraites. Je ne souhaite pas faire polémique, je ne fais que citer des faits d’actualité, j’aurais pu tout aussi bien citer un mouvement qui a marqué mes études tel que les manifestations anti CPE, datant de 2006.

La différence dans tout cela ? Vous me direz peut être que ceci est anecdotique ! Sans doute mais si je devais être exhaustive, la liste n’en serait que trop longue ! Ceci étant, la différence est notoire !

Les sociétés américaine et française n’ont quasiment rien en commun si ce n’est la capacité pour certaines de se mobiliser ponctuellement, mais massivement, et pour d’autre de se mobiliser en petit nombre, mais sur la durée !

2. Les fondements de ces différences

Je peux vous aiguiller sur la raison qui pousse les Français à ne pouvoir se mobiliser que ponctuellement et massivement en parallèle des Américains qui n’ont pas de scrupule à appartenir à de petites communautés, solides dans le temps.

Et cette réponse nous vient tout droit du XVIIème Siècle d’un petit gars que j’aime bien qui s’appelle Alexis de Tocqueville (lien). Ce cher Alexis, précurseur dans pas mal de domaines, a mis en exergue certains aspects de société inhérents à la France et aux États-Unis. Il vécut au lendemain de la Révolution Française et n’hésita pas à décrire le monde dans lequel il vivait et dont il est resté l’héritier au travers de ses œuvres.

Dans l’Ancien Régime et la Révolution (1856, lien), Tocqueville s’évertua à dénoncer la Loi Lechapelier de 1791 qui interdit en France à toute corporation de se former (lien). Cette loi eut pour résultat de casser ce qui tenait encore debout après la Révolution, c’est-à-dire toutes les solidarités horizontales, là où toutes les solidarités verticales avaient été battues en brèche. Ces corporations avaient toujours été là pour permettre à ses membres d’être épaulés, entendus, conseillés. Sans ces corporations, les citoyens français sont devenus des êtres dont le seul référent n’était plus que l’Etat ; les citoyens se méfiant dorénavant les uns des autres.

Il fallut attendre 1901 pour que les associations et autres groupements soient de nouveau tolérés sur le territoire. Dès lors vous pourrez constater que deux siècles auront suffit à casser les solidarités de fait entre les français. En plus de cela, la Laïcité prônée par l’Etat comme principe fondateur de la Constitution, soulignant par là même le principe d’égalité entre les citoyens, empêche aujourd’hui encore d’émettre des statistiques ethniques, ce qui empêche la formation de communautés ethniques reconnues officiellement en France (à l’image des Etats-Unis).

En, parallèle, aux Etats-Unis, Tocqueville découvre une Nation toute jeune qu’il décrit dans De la Démocratie en Amérique (1835-1840, lien). Il y découvre un merveilleux foisonnement de solidarités tant bien verticales qu’horizontales, donnant naissance à des associations. Avec le temps se sont constituées de réelles communautés, de véritables lobbys qui ont acquis aujourd’hui un poids considérable ! Il s’agit d’un réel contre pouvoir constitué de groupes d’influence chacun à son échelle. De la même manière, il n’existe pas de principe constitutionnel d’égalité (à l’image de la France) dans la Constitution des Etats-Unis. Dès lors, les statistiques ethniques ont toujours existé et cela ne choque personne que ces études existent. Ceci étant, ce manque a débouché sur des dérives graves telles que la Ségrégation qui n’est rien d’autre que l’héritage d’un passé esclavagiste.

Cependant, en tant que Community Manager, on ne reprochera certainement pas aux États-Unis leur histoire dans la création du concept !

3. Conclusion

Ainsi on peut donc remarquer à travers l’histoire et l’histoire de la politique notamment, que la Société Américaine est plus mature que la Société Française en matière de communauté (si ce n’est en matière de communautarisme). Les américains ont des communautés partout et pour tout ! Les Français comptent toujours sur l’Etat pour qu’il règle leurs problèmes. Et cela ne se remarque pas uniquement dans la communauté. On peut également le constater dans la propension qu’ont les Américains à créer, entreprendre, à vivre leur rêve américain de « self made man » et de la conquête de l’Ouest ! C’est l’idée du « je me fais tout seul, je ne demande rien à personne, si j’ai besoin d’aide, je prends conseil auprès de ma communauté, il ne me viendrait jamais à l’esprit de demander de l’aide à l’Etat qui n’est là que pour protéger le territoire et non pour régenter ma vie ». En France on ne sait faire que la Révolution (gros mouvements populaires). Mais après que la tempête est passée… Qu’est-ce qu’on fait ? C’est là tout le problème !

Dès lors animer une communauté en France peut s’avérer fort compliqué lorsque l’on a à faire participer ses membres de manière récurrente. On se retrouve devant des problématiques suivantes : comment faire pour que mes fans soient plus actifs sur la page fan (Facebook ou autres) dont je suis l’administrateur ? Qui puis-je encourager ? Comment faire davantage ? Augmenter la visibilité de mon entreprise, de mon produit, de mon service, certes, mais à quelles fins ? Surtout si on s’adresse à des Français !

Pour ceux qui ont la chance d’animer des communautés internationales, quelles sont les opportunités à saisir ? Est-ce pour autant plus facile ?

Ceci étant, il ne faut pas voir cette propension révolutionariste comme un frein, mais plutôt comme une opportunité de notre nature/culture à savoir se mobiliser autour de symboles forts afin d’en tirer partie en tant que Community Manager. Car c’est là que réside toute la force de notre culture. J’entends encore le slogan « impossible n’est pas français » (Napoléon Bonaparte). Hé bien saisissons cette chance !

Qu’en pensez-vous ?

Sources :

1. http://www.gilles-arnaud-sphere.com/wp-content/uploads/2008/12/melting-pot.jpg

2. http://www.philippetastet.com/contenu/abonnes/Magic/images/mobilisation-croissante-cpe.jpg



A propos de l'auteur

Anne Delauney-Ladevèze
Anne Delauney-Ladevèze
Consultante en stratégies social média chez Brainsonic, je suis en charge de réaliser pour mes clients la stratégie en termes de référencement naturel, de liens sponsorisés et de référencement social. Anciennement Community Manager à l'International pour un cabinet d'études de marchés et Responsable Marketing, Communication et Webmaster pour un éditeur d'ERP en Allemagne, je suis trilingue (français, anglais, allemand) et je me remets tant bien que mal à l'Italien. Mes passions dans la vie ? Les voyages de longue durée dans les Pays de l'Est et Scandinaves, la photographie, l'art sous toutes ses formes, les amis, la famille ! Point caractéristique ?! Curiosité et soif de savoir, surtout de partager !








 
 

 
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19 commentaires


 
 

  1. Un article qui commence plutôt mal (attention aux fautes et aux clichés dans les premiers paragraphes) mais qui s’améliore au fur et à mesure et qui donne une analyse assez intéressante (bien que très partielle) de cet aspect des deux sociétés.

    Effectivement, la France est une société verticale (et cela ne vient pas que de 1791, avant nous avons eu Louis XIV et encore avant le féodalisme), les US est une société plus horizontale.

    Quelques précisions supplémentaires : si les US sont plus communautaires, c’est aussi à cause des manquements de l’État (volontaires, structurels… ou non) dans certains domaines (dont celui de la solidarité). S’il n’y a pas de “problème” de recensement ethnique c’est peut-être aussi qu’il n’y a pas eu le traumatisme de la collaboration avec les Nazis et de la déportation aux US, et que paradoxalement, il y a eu la ségrégation qui a pu institutionnaliser ce genre de pratique au point de la faire entrer dans les moeurs.


    • Merci de ton commentaire! Pas faux au sujet des Nazis, mais la Déportation n’explique pas tout! Je m’explique, le principe d’égalité dans la Devise et dans la Constitution française ne date pas que de la Vème République! C’est un principe fondateur héritier du Siècle des Lumières! La France est un Etat centralisateur qui souhaite l’assimilation de tous ses citoyens! (du fait de sa longue histoire notamment)

      Ceci n’est pas le cas pour les Etats-Unis qui se sont formés au 17ème siècle à partir de plusieurs ethnies (Français, Anglais, Hollandais, etc.) Dès lors jamais ils n’ont eu pour objectif d’assimiler les minorités, vu que c’est une composante essentielle de la structure historique de cette fédération!

      Merci en tous cas de faire avancer le Débat! :)


  2. Nicolas

    la France sait aussi qu’elle a ses communautés mais n’en fait pas le même usage… chez nous les communautés sont montrées sur doigt pour leur aspect communautariste justement. En France on a des pb avec le “complot judéo maçonnique”, on pointe les Roms, sans compter le “c’est quand il y en a plusieurs que ça pose pb” réattribué aux Auvergnats :)
    Mais la France sait aussi laisser leur place : la seconde, la première communauté à laquelle nous appartenons tous, c’est bien la communauté Français (we are the froggies !), après les révolutions, c’est aux institutions (re)mises en place de faire la boulot :)

    Pourtant les communautés et les sentiments d’appartenance existent bel et bien, comme aux USA, un phénomène communautaire tellement important qu’il empêche le processus d’intégration (les communautés deviennent si fortes qu’elles en sont des contre pouvoir, et participent à la segmentation du pays, et obtiennent par exemple que les sites institutionnels soient aussi en Espagnol, alors que l’anglais est la langue officielle, bloquant ainsi un processus social d’intégration par une langue commune).

    Alors forcément l’affinité, la ressemblance sont les seuls moyens d’évangéliser une communauté (puisqu’une communauté ne se “manage” pas) et c’est pour ça qu’un community manager c’est important, si les jeunes ne s’étaient pas reconnus en Cohen-Bendit, il n’aurait pas été un “leader révolutionnaire”, et c’est pour ça que les directions marketing se payent des gens qui parlent le même langage que leurs clients :)

    “Les Etats-Unis d’Amérique forment un pays qui est passé directement de la barbarie à la décadence sans jamais avoir connu la civilisation”. Albert Einstein

    doit-on s’en insipirer ? :)


    • Merci de ton commentaire Nicolas!

      Mais les Etats-Unis auront eu toutefois le mérite de donner naissance au métier de Community Manager en sachant tirer parti du vivier présent!

      Cet article n’a pas pour vocation de dénoncer quoique ce soit, j’ai simplement voulu montrer que la France est plus en retard avec l’idée de communauté et que les membres sont dès lors moins actifs qu’au sein d’une communauté américaine! En fait c’est un sujet hautement intéressant qui souhaite donner une raison à des problématiques de community management que j’évoque à la fin de l’article!

      Je suis à ta disposition si tu souhaite aller plus loin! :)


  3. Article intéressant pour le point de vue original qu’il apporte !

    Pour la France, il y a aussi à prendre en compte l’aspect jacobin (consacré dès Louis XIV du reste comme dit par “Nicolas” dans son commentaire). Le choix de la construction de Nation dans une seule dimension de la personnalité d’un individu (à savoir sa nationalité) nous a conduit à diminuer ce lien de communauté.

    On est donc “que” Français. Ce rapport à l’Etat n’est pas le même partout en Europe. Le système fédéral américain joue donc son rôle puisque l’Etat fédéral américain n’est pas responsable de tout, une grande liberté d’action étant laissée aux Etats fédérés, mais aussi aux communes. De fait, l’individu existe dans une certaine diversité.

    Pour autant, on le voit avec le football, la capacité d’appartenance existe bien dans toute société. Le football, pour des raisons indéterminées, est marqué par un fort sentiment d’appartenance social (on le voit en Angleterre avec le club des riches contre celui des ouvriers par exemple même si tout est mélangé aujourd’hui). La France n’échappe pas à ça et on a donc de fortes communautés qui peuvent se créer.

    Par exemple, pour la finale du championnat de deuxième division en rugby, c’est un dixième de la ville de La Rochelle qui s’est déplacé pour aller supporter son équipe ! Ce qui prouve bien qu’une capacité d’attachement à une communauté existe, même si elle est plus distendue que ce que l’on peut voir aux Etats-Unis.


    • En effet, la forme étatique joue un grand rôle également dans l’identité culturelle communautaire ou non! (Etat centralisateur vs. Etat fédéral) Et on peut en remarquer les différences également avec l’Allemagne (que je connais très bien). J’aurais pu également développer cet aspect dans mon article et je te remercie Fabien d’y avoir fait mention.

      Et merci d’avoir étayé la dimension communautaire qu’a le Sport en France ce qui prouve bien que tout n’est pas perdu dans le Community Management français! Je pourrais aussi citer la Coupe du Monde de Rugby de 1999 où la France s’était faite battre en finale par l’Australie, France pays organisateur! A l’époque la France n’était plus seulement championne du monde de Football, mais elle était toute entière derrière le XV de France! Pour un sport qui n’a connu son plein essor qu’à partir de cette période…

      Merci de ton commentaire Fabien!


  4. Tout ça me paraît bien caricatural.

    Ne faire qu’une ligne sur la loi 1901 donc les associations, je trouve ça bien expéditif. C’est qu’on compte quand même un bon million d’associations loi 1901 dans notre pays de révolutionnaires, associations qui traitent de tout et n’importe quoi, depuis l’asso de quartier jusqu’à celle qui défend les droits de l’homme en passant par les amateurs de voitures rouges et je ne sais quels autres fétichismes …

    On est loin des grands mouvements populaires ou des révolutions, c’est pour la plupart uniquement des communautés d’intérêt, communautés qu’on retrouvera certainement de l’autre côté de l’Atlantique sous une forme ou une autre…

    En arriver à conclure qu’en France on n’arrive qu’à “faire la révolution” donc à se mobiliser autour de symboles forts est réducteur au possible, presque un stéréotype.

    Bref, il y a certainement des différences culturelles à prendre en compte quand on fait du Community Management, mais il faudrait plutôt regarder du côté du protestantisme et des valeurs qu’il véhicule aux USA depuis des siècles …


    • Merci Maxime de ton commentaire!
      J’explique dans mon article qu’en fait c’est la création de la Loi 1901 qui sauve tout! Je cite: Il fallut attendre 1901 pour que les associations et autres groupements soient de nouveau tolérés sur le territoire.

      Ceci étant, les 2 siècles d’interdiction d’association et de corporation en France, pays des Droits de l’Homme, rappelons le, a bafoué et mis à mal ce qui existait avant et qui représentait le vivier nécessaire et historique à ce que nous constatons aux Etats-Unis!

      Après, j’aimerais bien avoir ton sentiment sur l’impact du Protestantisme outre atlantique sur les communautés. En effet, en Allemagne, 50% de la population est protestante, et néanmoins les communautés ne sont pas aussi développées en local (voir l’article de @Camille sur les communautés en Allemagne).

      Enfin, je ne dis pas que nous ne sommes bons qu’à faire la Révolution, mais je dis que c’est ce que l’on sait faire de mieux pour fédérer certaines idées, quoique cette propension s’épuise selon moi… Je dis in fine que cette nature que les Français ont de vouloir faire la Révolution, et grâce à la Loi 1901, nous avons raison d’être dynamiques dans notre effort de Community Manager sur le Territoire Français, rien n’est perdu! Mais en fait les “modes d’emploi” sur le “how to” d’être Community manager sont à prendre avec des pincettes, et que les recettes sont loin d’être toutes faites!

      Qu’en penses-tu?


      • Oui enfin la révolution les Américains l’ont faite avant nous, et les grands mouvements populaires américains du XXème siècle sont là pour nous rappeler que ce ne sont pas les derniers à se mobiliser au nom de grandes idées ! (fin de la ségrégation, mouvement hippie …)

        Il faut quand même se souvenir de la façon dont les USA se sont développés, que le mythe des pères fondateurs est essentiel, les USA comme terre promise, le Mayflower tout ça, et une vision du monde qui va de pair avec celle des protestants qui ont embarqué pour le “nouveau monde”. Ils fuyaient l’oppression contre le protestantisme et venaient de l’Europe Entière, ce qui induit des “groupes” affinitaires évidents tant par leur origine que leur pratique religieuse. Puritains, quakers, anglicans aussi, le protestantisme est par nature une religion “communautaire” dans le sens où elle permet la pluralité des interprétations.

        Les USA se sont d’abord développés en colonies et ce n’est pas un hasard si la notion de communauté est si présente là-bas puisqu’ils se sont développés sur la base de petits groupes. La plupart des colonies avaient leur propre Eglise (ie variante du protestantisme) !

        Honnêtement je ne connais pas du tout la situation du protestantisme en Allemagne, mais il me semble légitime de penser que la situation des protestants allemands est fondamentalement différente de celle des protestants “colons” américains, ne serait-ce que par la nature du territoire sur lequel ils officient. Entre l’empire Allemand et ses principautés et le territoire “vierge” (sic) Américain, il y a un (nouveau) monde :)

        Pour aller dans ton sens je vais honteusement citer wikipedia dans l’article sur le libéralisme :
        “La prédominance de l’esprit « révolutionnaire » sur l’esprit « démocrate » est née de la radicalité des révolutionnaires à vouloir recommencer à neuf leur histoire[15], à la différence des Américains, qui n’avaient pas d’Ancien Régime à détruire.”

        Mais de là à considérer ça comme étant vrai de nos jours et utile au Community Management “à la française”, il y a un pas que je ne franchis pas :)


        • Merci Maxime de ta réponse que je vois (hélas) tardivement (travail quand tu nous tiens…).

          Et merci également de tes précisions quant à l’histoire de la fondation des Etats-Unis (cf. colonies, communautés d’expatriés, etc.) que j’aurais pu également citer dans mon article, il est vrai (quoiqu’il en fût éminemment plus long). Ceci étant je salue le temps que tu as consacré à me répondre.

          Concernant le cas de l’Allemagne, on peut noter quelques similitudes avec les Etats-Unis. En effet, c’est un Etat dont la fondation contemporaine est assez récente, c’est un Etat fédéral, protestant de surcroît. Ceci étant entre l’Allemagne et les Etats-Unis, comme tu le soulignais à juste titre, il existe des différences fondamentales. En effet, les Protestants comptent pour 50% dans la proportion des personnes se réclamant du Christianisme répartis majoritairement au nord de l’Allemagne (les Catholiques étant au Sud). De plus l’identité Allemande est beaucoup plus ancrée dans l’histoire que celle des Américains (cf. Saint Empire Romain Germanique).

          Tu as également raison sur le fait que les Américains savent, eux aussi se mobiliser pour de grandes causes et tu cites également avec justesse la Ségrégation, en exemple.

          Sache que je n’ai jamais insinué que les Américains ne savaient pas se mobiliser autour d’événements forts, et d’idées porteuses! J’ai simplement voulu montrer in fine que à la lumière des deux livres que j’ai étudiés de Tocqueville, auteur éminemment visionnaire quant à de nombreuses thèses (et notamment sur le fait que la Révolution Française n’est en rien une Rupture avec l’Ancien Régime, mais au contraire une continuité), le constat qu’il a fait des solidarités verticales et horizontales bafouées en France a eu raison (jusqu’en 1901) du principe même de Communauté en France. Ce qui fait qu’il ne faut pas considérer et approcher les communautés françaises à la manière des Community Managers américains.

          Je n’ai fait mention que de son analyse, je ne dis pas qu’il faut prendre tout ce qu’il a écrit au pied de la lettre, je dis simplement que sa vision clairement juste nous aide à considérer notre métier de Community Manager de manière plus perspicace!

          En tous cas je suis heureuse de trouver un interlocuteur dont les arguments sont indéniables et qui fait avancer le débat!

          Bonne soirée!


  5. Article très intéressant qui montre bien la différence de traitement entre les Etats Unis qui se sont unis pour créer un Etat et la France qui a brisé un peuple déjà formé pour lui dire :” on s’occupe de tout”. résultat: les français ne font qu’espérer une aide de l’Etat qui ne viendra jamais. 
    La Révolution est un vaste sujet tant il fait émerger de nombreuses polémiques. Les privilèges ont-ils réellement été abolis? Le peuple est-il réellement souverain? Le fait que les livres d’histoire soient édités par l’Etat est un signe que tout est encadré comme le fait de ne parler que d’Europe et plus de France, ou de dire que c’est bien d’être républicain plutôt que français.C’est pour ça que les français ne se soulèvent que de temps en temps, quand ils en ont vraiment marre, mais ils s’aperçoivent ensuite que finalement ça ne sert à rien. Même les résultats des referendums ne sont plus pris en compte…..Et quand des communautés se forment sur internet, on parle de contrôler le net…..Comme à la Révolution française, c’est le fait d’abrutir les gens pour qu’ils ne se posent pas les bonnes questions qui amène le peuple à ne pas se soulever….Internet permet un soulèvement mais ce formidable outil ne fonctionnera bientôt que par VPN…


  6. Article très intéressant qui montre bien la différence de traitement entre les Etats Unis qui se sont unis pour créer un Etat et la France qui a brisé un peuple déjà formé pour lui dire :” on s’occupe de tout”. résultat: les français ne font qu’espérer une aide de l’Etat qui ne viendra jamais. La Révolution est un vaste sujet tant il fait émerger de nombreuses polémiques. Les privilèges ont-ils réellement été abolis? Le peuple est-il réellement souverain? Le fait que les livres d’histoire soient édités par l’Etat est un signe que tout est encadré comme le fait de ne parler que d’Europe et plus de France, ou de dire que c’est bien d’être républicain plutôt que français.C’est pour ça que les français ne se soulèvent que de temps en temps, quand ils en ont vraiment marre, mais ils s’aperçoivent ensuite que finalement ça ne sert à rien. Même les résultats des referendums ne sont plus pris en compte…..Et quand des communautés se forment sur internet, on parle de contrôler le net…..Comme à la Révolution française, c’est le fait d’abrutir les gens pour qu’ils ne se posent pas les bonnes questions qui amène le peuple à ne pas se soulever….Internet permet un soulèvement mais ce formidable outil ne fonctionnera bientôt que par VPN…Bon article qui amène à reflexion


 
 



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