Papa, comment on fait pour faire partager les gens ?

Papa, comment on fait pour faire partager les gens ?

Soyons réaliste. Au-delà du plaisir d’écrire, un internaute attend surtout que son article fasse du bruit, qu’il fasse réagir et parler de soi. Malheureusement, bon nombre de billets captivant restent noyés dans le flot sans fin d’informations prisent dans la toile. Et pour quelle raison ? Tout simplement car votre contenu n’a pas été relayé par les internautes. Heureusement les médias sociaux sont venus à la rescousse pour faciliter ce partage et doper considérablement le nombre de « Retweet », « like » etc.

À titre personnel, je pense que chaque problème doit être étudié et éradiqué à sa base.  Ainsi si un article n’a franchi le cap de son propre URL, quelles sont les questions à se poser ? Est-ce votre faute ou bien celle des internautes ? Quels sont les facteurs qui nuisent à l’attractivité de votre contenu ? Que faire pour changer la donne ?

Voici  une liste (non exhaustive) des raisons qui peuvent expliquer ce phénomène. Vous verrez que la psychologie joue un rôle déterminant dans cet article.

La forme ne séduit pas

Sur Internet, comme pour les autres médias de communication, il faut séduire. Un texte long, sans lien et peu espacé donne un sentiment de confusion et d’étouffement qui n’incite pas au partage. En 2011, l’internaute ne doit pas avoir l’impression de lire l’extrait d’un livre de poche où tout se ressemble et dans lequel son regard se perd.

Que faire ?

Il existe une multitude de formats et d’actions simples qui rendent votre contenu sexy et agréable. Ainsi à l’heure du web 2.0, un article se doit d’être lisible, clair et concis. Mettons nous à la place du lecteur un instant. Pourquoi resterais-je 45 min devant une vidéo ou 15 min à lire un texte sans fin ? Le but est qu’il puisse parvenir aux informations qui l’intéressent en un coup d’œil. C’est pour cette raison qu’à l’heure actuelle, la plupart des billets utilisent :

– Du gras, l’italique, des tailles de polices différentes pour mettre en valeur certains idées ou parties de l’article.

– Des paragraphes courts comportant une ou deux idées principales

– Des liens hypertextes et listes de sources pour poursuivre la lecture

– Des contenus interactifs, dynamiques et stimulants visuellement (photos, vidéos, infographies, chiffres, etc.)

Cet aspect n’est pas à prendre à la légère car pour beaucoup, il est rédhibitoire.

Un fond sans valeur ajoutée

Tout comme moi en cet instant, chaque bloggeur espère que le fond de son article sera jugé comme intéressant, pertinent, et qu’il conviendra aux plus curieux. Mais forcé de constater que cela n’est pas aussi simple.  Beaucoup d’articles se contentent d’utiliser un mécanisme de mimétisme en recrachant le contenu aperçu chez un tiers, voire chez la concurrence. D’autres sont tout simplement ennuyeux, creux, ou pire complètement dépassés. Dans ces conditions, que ressentira le lecteur ? Pensez-vous qu’il se décidera à partager vos informations auprès de ses contacts ?

Que faire ?

Il s’agit ici de la partie la plus difficile car la valeur ajoutée est le cœur et l’or de votre blog ou site. Difficile, dans le sens où disposer d’informations fraîches que vous seul possédez et qui intéressent votre auditoire demande de l’investissement. Si votre entreprise en dispose naturellement de part son activité, conserver ces informations pour en faire des articles novateurs et attrayants. Si ce n’est pas le cas, entourez-vous de contacts clés de votre domaine et réaliser une veille sectorielle régulière pour être à l’affut des informations récentes et à forte valeur ajoutée.

Demandez-vous pourquoi un inconnu parlerait de votre article plutôt qu’un autre. Apportez votre expertise et donnez des conseils pour créer une réelle plus value.

Un style mal adapté :

Chaque internaute perçoit vos propos sous le prisme de son caractère. Un contenu ordurier ou calomnieux ne plaira pas à tous car il peut rentrer en conflit avec les opinions, valeurs, ou les croyances du lecteur, ce qui ne l’incitera pas à partager ces informations. Certains utilisent la controverse pour faire parler d’eux (ce qui peut fonctionner), mais je pense que ce cas de figure s’applique uniquement dans un contexte particulier doté de raisons singulières. Sur le long terme, cette solution est rarement payante car la crédibilité de l’auteur peut être remise en cause.

De plus, si votre billet ou titre est trop racoleur et fait des promesses qu’il ne sait pas tenir, la déception induite ne donnera pas envie de revenir sur votre site et/ou de partager vos productions.

Que faire ?

Il faut chercher à diversifier ses productions dans le but de séduire tous types de personnalités. La retransmission de l’information aura ainsi beaucoup plus de chance de s’opérer.

Jouer sur l’affectif et rester naturel. Pus votre personnalité transparait à travers votre article et mieux  il sera perçu. De même que les réseaux sociaux donnent un aspect humain aux entreprises, un contenu personnalisé qui transpire l’aura de son auteur valorisera son contenu aux yeux de ses lecteurs. Pour cela, l’humour et la sincérité sont des valeurs à mettre en avant. N’hésitez donc pas à citer une anecdote ou votre affection pour une personne citée dans l’article. Attention cependant, donner une identité à vos articles n’est pas le but premier ; c’est bien le contenu en lui-même qui est et qui restera toujours ROI ! Veillez donc à soigner votre style d’écriture pour servir vos propos et non pour les légitimer.

De plus, l’internaute aime recevoir sans arrière-pensées. Si votre but est qu’il s’inscrive sur votre site, ne le lui demandez pas d’emblé. De même que les gens aiment  tester avant d’acheter, ils apprécient se forger une opinion avant de s’abonner. Un âne avance sans doute avec la carotte, mais l’internaute est encore plus têtu et ne compte pas se faire avoir aussi facilement. Cette impatience maladroite peut faire fuir vos lecteurs et les dissuader de parler de vos écrits. Les gens n’aiment pas se sentir manipulés.

N’oublier pas non plus qu’il faut s’adapter aux attentes de son lectorat. Même si le naturel prime, chacun peut modérer son style pour plaire au plus grand nombre et faciliter le partage.

Outils complexes et peu intuitifs

À l’heure du web 2.0, cela peut paraitre « bête », mais il subsiste encore des plateformes qui ne disposent pas d’outils de partage simples d’accès. Qu’il s’agisse d’auteurs autoproclamés « vieux-jeu » ou bien de lacunes techniques, ce manque ne favorise pas du tout le partage. Ceci peut être préjudiciable car même de très bonne facture, votre contenu ne sera visible que par un environnement restreint.

Que faire ?

Ici rien de très compliqué. Intégrez des boutons de réseaux sociaux favorisant le partage comme le « Retweet » de twitter ou le « like »et « share » de Facebook . Bien entendu il existe une multitude de boutons et de widgets aisément disponibles, mais essayer un maximum d’utiliser ceux qui sont le plus pertinent pour vous et qui vous assure une visibilité optimale. Pour cela de nombreuses plateformes comme les CMS (Content Management System) s’adaptent très facilement selon vos désirs pour intégrer ces différentes fonctionnalités.

Mon blog n’est pas connu

Forcément si vous êtes un illustre inconnu dans votre secteur d’activité et/ ou si votre blog vient de débuter, votre article peut être peu voire pas relayé. Et vu le temps que vous avez-passez à l’écrire vous êtes un peu amer.

Que faire ?

Pas de mystère. Pour débuter n’hésitez pas à partager vous-même vos réalisations sur les différentes plateformes que vous utilisez pour maximiser les chances d’être lu. De plus, parlez-en à votre entourage (amis, collègues, contacts personnels, etc.). Même en débutant, tout le monde à un réseau sur lequel il faut s’épauler. Attention cependant à ne pas spammer vos contacts au risque de les fatiguer.

Repérer les plateformes où il existe des microcommunautés et des influenceurs spécifiques à votre domaine puis initier le dialogue et faites vous connaitre. Veille, présence sur les réseaux sociaux et utilisation d’agrégateurs seront vos meilleurs alliés pour acquérir une légitimité et une crédibilité auprès d’un public ciblé.  Avec du temps, de la régularité et une ligne éditoriale efficace, vos articles seront partagés. Et si c’est un internaute influent qui s’en charge, vous ne tarderez pas à en percevoir les bénéfices !

Le sujet met mal à l’aise

On n’y pense pas toujours, mais quand vous travailler dans un domaine dit « sensible » ou « tabou », les gens peuvent être gênés et ne pas souhaiter partager votre contenu. En effet, même si un internaute tombe sur un très bon article traitant d’un problème de santé, de couple ou parlant de sexe, il ne souhaitera pas forcément que son réseau s’imagine des choses sur lui et préférera rester dans l’anonymat.

Que faire ?

L’important est de dédramatiser dans la manière du possible. Il ne s’agit bien entendu pas à éviter de parler des choses qui fâchent, mais simplement d’y insérer un certain recul pour relativiser. Le choix du titre peut également changer la donne. Créer un titre moins précis et moins impliquant peut générer plus de clics et enlever une correlation inconsciente avec la personne qui relaye l’information.

Conclusion

Quelles leçons pouvons-nous tirer de cet article ?

Pour favoriser le partage d’un contenu, il faut que chacun apporte son grain de sel. Bien entendu c’est le bloggeur qui doit en premier lieu créer un contenu adapté, lisible et intuitif tout en lui apportant une réelle valeur. Mais le mot de la fin revient toujours à l’internaute qui décidera ou non de prendre l’initiative de relayer votre contenu.

On observe que cette décision dépend d’une pluralité de facteurs difficiles à maitriser. Cependant il faut garder à l’esprit que la psychologie joue beaucoup dans cette problématique. Car comme tout à chacun, la décision s’opère selon une humeur qui s’inscrit elle-même une temporalité précise (mauvaise journée, heure de la pause déjeuné, etc). Dans tous les cas, tenter de se mettre dans la peau de vos lecteurs vous évitera plusieurs erreurs.

Notons également que le partage se réalise auprès de son réseau, et que chacun tente à garder une certaine crédibilité envers-celui-ci.

Il faut donc chercher à faire aimer, détester, s’interroger ; bref à faire réagir. Et comme la réaction entraine souvent le partage, vous avez mis toutes les chances de cotre côté.

Je tiens à préciser que les constats et conseils ci-dessus ne cherchent pas à englober TOUS les internautes, mais bien la majorité d’entre eux. Chaque communauté est différente et il faut bien entendu adapter son discours dans sa forme comme dans son fond pour parvenir à ses objectifs.

Qu’en pensez-vous ?

A propos de l'auteur

Ronan Boussicaud

Ronan Boussicaud  (18 articles)

Community manager / webmarketeur au sein de l'agence Useweb, je développe des analyses mêlant web 2.0 et psychologie sur mon blog « La Psyché du Web social » et participe à des ouvrages numériques collaboratifs. Je rédige aussi des articles sur des sites spécialisés (comme My Community Manager Webmarketing&Com) et anime régulièrement des conférences autour du community management et des médias sociaux. En octobre 2012, j'ai publié un ouvrage co-écrit intitulé "Tout savoir sur... La marque face aux bad buzz : anticiper et gérer les crises sur les médias sociaux" aux éditions Kawa. Grand curieux et cinéphile dans l'âme, le web social me colle à la peau. Passionné par le web communautaire mais aussi par toutes les formes de communication humaines, je crois profondément au relationnel et à l'échange. Alors, pourquoi ne pas vous joindre à nous ?

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