L'histoire secrète des animateurs de communauté

L’histoire secrète de l’animation de communauté

Alors que souffle dans les plus hautes sphères intellectuelles un vent de révolte quant aux origines du nom « Robert », un autre débat enflamme les universitaires. Celui du plus vieux métier du monde. Il est coutume d’utiliser l’adage « la prostitution est notre raison » pour souligner le caractère séculaire de cette profession, à savoir lorsque des femmes, hommes ou loutres offrent des services lubriques (brouette de Shanghai, poirier kamikaze) en échange de biens matériels ou financiers. 

Or, de récentes études sociologiques démontrent qu’en premier lieu, la profession la plus ancestrale, la plus primitive, est celle d’animateur de communauté. Car avant même la reproduction, les humains cherchaient la confrontation. Et pour les calmer, il n’y avait pas une prostituée de petite taille avec des mains ressemblant aux tarentules du Nebraska. Non. Il y avait de grands individus, avec une sagacité intellectuelle  (pour l’époque était supérieur au Q.I d’un enfant de huit ans aujourd’hui) pour calmer ces ardeurs. Des individus dont les grottes de Lascaux portent à jamais les stigmates, inscrits dans la roche, taillés dans la pierre, entre un mammouth laineux indolent et une chose mal dessinée que certains pensent être un visiteur de l’espace : l’animateur de communauté.  

Histoire d’une profession 

Les premiers animateurs de communauté

Les premiers animateurs de communauté

Pourtant, le terme animateur de communauté est né en 1348 lors de la grande peste noire. Les moines nécrophiles reçurent alors pléthores de cadavres aux bubons aguicheurs si bien que des orgies indécentes furent organisés à l’abri des regards indiscrets, loin de témoins gênants. Un homme, Eusébio Van Derling, mandaté par l’église et qui fondera par la suite la Sainte Inquisition de l’Ile de Marie Galante, décida de mettre en place des milices aphones afin de gérer les stocks et permettre ainsi l’approvisionnement sur le long terme. L’homme avait rapidement anticipé que l’Europe allait être décimé, et que cette frugale offrande de la grande faucheuse allait être limité par la paresseuse donneuse de vie, ce qui est appelé équilibre démographique. Qui plus est, il avait compris qu’un corps mort même savamment sailli ne pouvait pas  engendrer la vie. Il décida donc de limiter les bas instincts de ses congénères en créant un système de silo. Système qui perdure encore aujourd’hui dans de nombreuses entreprises. 

Face à la révolte des moines nécrophiles de ne pas pouvoir s’affairer à de sombres besognes avec un nombre considérable de pestiférées, et donc de ne plus avoir l’opportunité un matin de s’occuper d’un roux myope et le soir d’une brune chauve, Van Derling  décida de créer au sein de sa milice une brigade spéciale qu’il nomma « animateurs de communautés ». A la base, il s’agissait d’une guilde de thanatologues-marionettistes, ou des animateurs de morts (d’où le terme), mais l’épidémie provoqua une baisse de la main d’oeuvre qui leur permettait de se fournir en cordage et en baguette de bois pour créer leurs oeuvres satiriques. Ce qui les condamna au chômage technique, n’offrant que deux perspectives à savoir soit être décimés par la famine et finir dans le lit d’un inconnu, soit se plier aux exigences d’un nouveau métier ingrat. S’ils avaient su, alors, qu’ils allaient diriger le monde, un jour.   

Van Derling mis à leur disposition un plan de réponse parfaitement établi afin d’anticiper les moindres diatribes des religieux. Il faut dire qu’à force de subir leur courroux, il avait réussit à identifier des signes ostentatoires de dépendance à la chaire funeste. C’est là que naquit le fameux « don’t feed the troll », à savoir qu’une personne trop acerbe se retrouvait privée de partenaires macabres, qu’il était mis au ban de l’église sans pour autant être excommunié (money is money).  La terminologie troll se référait alors au latin « trollus », qui désignait dans les textes cabalistiques des « hommes peu évolués qui ne savent pas se taire et qui ne font que se plaindre ». Cette terminologie, pour la petite histoire, sera par la suite déformée en « proll » (1584), puis en paroll (1782) pour finir par la force des choses à devenir « parisien » en 1912.  

 L’ordre Saint des Animateurs de Communauté, à ne pas confondre avec le Clan Satanique des Gestionnaires de Communauté, allait donc lancer une longue tradition de gestion de plaintes, évoluant au fil du temps pour devenir simplement « stagiaire ». Noblesse exige, il a suivi le même processus que le Saint Empire Germanique, qui est devenu par la suite la Cheurmanie pour finalement être le « pays des chleux ». Un métier donc d’époque, qui a suivi le fil du temps, les transformations d’un monde à l’agonie. Jusqu’au jour. Ce jour maudit.

Et naquirent les modérateurs

Cheu fou dit que nous ne sommes pas des trolls, cheu chui un hater diantre

Cheu fou dit que nous ne sommes pas des trolls, cheu chui un hater diantre

Un groupe de dissidents existait au sein des animateurs de communauté, tombés dans la clandestinité comme les Illuminati, les Templier et les Communistes. Disparus du paysage médiatique, ils continuaient pourtant leur sombre besogne. Loin des prêtres morbides et lubriques, qui furent exterminés lors de la cinquième croisade, ils avaient prêté allégeance au nouveau dogme, l’argent. Faisant fructifier les profits d’entreprises peu éthiques. Gommant inlassablement les erreurs. 

 Ils conservaient toute leur splendeur d’antan : faire disparaitre les squelettes du placard. Non plus pour les livrer en pâture orgiaque. Tout simplement les effacer à jamais.

Et puis il y a eu donc les modérateurs. De jeunes hommes fougueux, éphèbes chimériques, qui s’accaparèrent les forums, voire un nouveau territoire. Internet. Toujours aussi lubrique. Toujours aussi sale. Semblable au terreau fangeux sur lequel éclôt cette profession maudite. Ce nouveau pays dématérialisé leur offrait de nouveaux espoirs. De nouveaux rêves. Pour ces dissidents qui choisirent de sortir de l’ombre pour atteindre la gracieuse lumière d’un graisseux écran. Pour ces félons qui sacralisèrent l’ère du paraitre. Ich Bin Hein Importantz Perzonnnnnn. 

Des années durant, les modérateurs modelèrent cette terre maculée à leur image, comme un chaton angora dans un mixer va marquer le verre de ses tripes et de ses griffes. Longtemps ces terres inhospitalières n’accueillirent que des hordes de phénomènes de foires qui avaient trouvé enfin refuge à hauteur de leur monstruosité. Et puis arriva le rush. La nuée. Alors arrivèrent des colons. De plus en plus nombreux. De plus en plus de tout âge, de tout genre. Après des années de doute, la population entière débarqua, comme un geyser ininterrompu,  comme la constipation qui laisse place à un déluge de matières mortes. Internet n’était plus un micro territoire habité de terroristes, de masochistes ou encore d’agoraphobes obèses. Non. Il y avait monsieur et madame. Les dissidents se trouvèrent submergés par ce flot. Les modérateurs prirent peur devant l’ampleur.

Alors ils reprirent leurs habits. Alors ils cherchèrent le pardon pour avoir érigé une tour de Babel en Babibel. Alors ils revinrent dans les rangs. Mais l’héritage qu’ils avaient laissé ne pouvait rester un amas de publications, d’insultes en tout genre qui coulaient dans le caniveau de l’honneur sans jamais atteindre les égouts de la honte. Le monde ainsi façonné à leur image avait indubitablement besoin de leur sagacité, de leurs compétences. Alors les Animateurs de Communauté durent sortir des ténèbres. Ou du moins, faire semblant. 

L’avènement des Animateurs de Communauté … stagiaires

[Combien de stagiaires sur TF1 aujourd'hui ?] [10 Monsieur] [Mouahaha]

[Combien de stagiaires sur TF1 aujourd’hui ?] [10 Monsieur] [Mouahaha]

L’engouement pour les nouvelles technologies d’information attira subtilement le regard d’étranges créatures nocturnes, tels des journalistes ou encore certains chefs d’entreprise peu scrupuleux. Les Animateurs de Communauté, trop habitués à agir dans l’ombre, envoyèrent sur les rivages numériques des hordes de stagiaires. Ces choses molles faites de sang, de chair et d’urine qui ne demandaient qu’à éclore sous le  regard émerveillé d’un monde suppurant de tendresse. 

Sacrifiés.

Suppliciés.

Sur l’autel du bonheur exacerbé. 

Ils incarnaient l’âge d’or de cette profession. Alors que les grands maîtres trouvaient des fonctions dans les plus hautes sociétés, au sommet des États, toujours tapis dans les ténèbres, leurs laquais occupaient une place de choix dans le paysage médiatique. Spadassins de la sainte parole, ils publiaient sur des blogues et des journaux, intervenaient dans des radios, allaient défilé dans les meilleures émissions télévisuelles. Ils étaient partout. Omniscients. Impotents. Ils n’avaient aucune connaissance spécifique, n’étaient nullement doués d’une expérience à faire tomber des bras un homme-tronc, n’occupaient pas de fonctions dans de prestigieux organismes à faire pâlir de jalousie un diaphane faisant un malaise à la vue d’un pâle. Mais ils étaient visibles. Et s’ils étaient visibles, ils devenaient crédibles. Là était l’astuce. Là était le machiavélisme des vrais animateurs de communauté. Continuer d’agir sans pour autant se salir. Laisser le puéril s’adresser à une population servile. Des mots simples pour des simples d’esprit. 

 L’ordre Saint des Animateurs de Communauté renaissait de ses cendres, tel un phénix, tel un toast dans un grille-pain ressortant avec le portait de David Hasselhoff.  Sans que quiconque ne s’en aperçoive. Au contraire, alors que tous applaudissaient le néant cérébral qui s’étalait sous leurs yeux.  Qu’importe le flacon, pourvu qu’il y est l’ivresse disait Jean-Louis Borlo. Ils avaient leurs portes-étendards. Des gens simples, faciles à envoyer à l’abattoir. Pour qu’eux puissent agir sans être vus. Pour qu’eux puissent continuer à modeler le monde. 

Jamais ils ne seront interrogés.

Jamais ils ne seront visibles.   

Alors qu’ils sont la connaissance, alors qu’ils sont le savoir, alors qu’ils sont le verbe.  

Ils ne sont rien, et pourtant ils sont tout. 

Ainsi est l’histoire des animateurs de communauté. Ou pas. 

A propos de l'auteur

Lord D'hur

Lord D'hur

Il est un territoire terrifiant en Angleterre que l'on a coutume d'appelé Hur, en souvenir de Ben. Là bas, sur les terres inhospitalières aux arbres dont la sinuosité trahit une folie incommensurable, règne en despote un Lord dément que l'histoire elle même n'ose se souvenir, ni n'ose nommé. Il est dit que si son identité venait simplement à être susurrée dans la brise d'été, un déluge apocalyptique de Yorkshires sociopathes s'abattrait sur le royaume de la perfide Albion. Maître du complot, de la duperie et du scorbuts, c'est avec un plaisir malsain qu'il partage son savoir, créant ainsi une cosmologie à son honneur où ses enfants spirituels, à force de chanter ses louanges, finiront par découvrir son véritable nom. YORKSHIRES ! Ah non, excusez-moi, ce n'était qu'un homme-tronc canon.

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