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L’utilisation d’internet et des médias sociaux n’est plus l’apanage des Geeks masculins. Depuis plusieurs années, les femmes campent sur la toile et s’y font une place prépondérante. EN France, 49% des utilisateurs de réseaux sociaux sont des femmes (sources : Mediametrie, 2°trim 2010) , contre 53% aux USA. (sources pingdom.com)
Cette proportion varie évidement selon la tranche d’âge, tendant à s’égaliser à partir de 45 ans, pour se renverser plus tard. (sources quantcast.com)
Mais que font elles donc sur Internet ?
Elles s’informent, s’échangent leurs bons plans shopping, des astuces beauté, discutent sur l’éducation des enfants, achètent en ligne. Bien sur, comme à la sortie de l’école, à la machine à café, ou à l’arrêt de bus. Mais pas seulement. Elles prennent de plus en plus la parole sur des sujets de société de fond, et utilisent pleinement les réseaux sociaux comme relais d’influence socio-politique.
Au programme : développement durable, maltraitance, prévention éducative, recherche médicale, programmes d’accompagnement sociaux, législation.
Sous couvert de légèreté et de discussions autour d’un thé virtuel, elles réinventent les salons du 18° siècle. Telles des Madame Geoffrin, elles s’engagent et défendent leurs idéaux, en donnant tribune libre aux idées novatrices.
Internet : le terrain d’affirmation de la féminité.
En France, l’histoire du web féminin connaît un tournant majeur en 2004, avec l’arrivée massive du Blog et la multiplication des forums de discussion. Les thèmes porteurs : la maternité, le mariage, la mode et le personal diary (journal intime) à la Bridget Jones.
Personne ne les attendait sur la toile, et pourtant l’histoire était déjà écrite : une égalité des sexes revendiquée, une liberté d’expression obtenue de haute lutte par leurs aînées, des parcours en entreprise inégaux, et la perte de repères dans les modèles familiaux. Le web leur offre un terrain propice pour la révolution.
C’est ainsi qu’on vit fleurir pléthore de blogs féminins : la naissance de l’enfant roi, le mariage de rêve, la lutte pour la survie en entreprise, le look vintage, la revendication de la différence.
Sur un ton souvent joyeux et léger, elles abordent des problèmes sociétaux de fond, et par le biais des médias sociaux se font véritables relais d’influence. On les voit donc prendre la parole pour s’insurger contre les propos « fémi-machistes » d’Elizabeth Badinter, l’utilisation du paraben et du chlore par Pampers (obligé de répondre par des communiqués défensifs), les lobbys alimentaires qui préconisent les
laits maternisés au détriment de l’allaitement, les problématiques liées à l’insuffisance des modes de garde. Défendre des actions coup de poing : la sauvegarde des PMI, la défense juridique des femmes, la parité économique.
Le web est devenu une tribune d’expression privilégiée qui permet d’affirmer l’identité féminine : je suis une femme, je travaille, j’élève mes enfants, je cuisine bio, je suis une fly lady, je materne, j’allaite, je suis sexy, je mérite ma place autant qu’un homme.
Le constat est édifiant : les mentalités évoluent à grande vitesse, et les marques comprennent qu’elles sont face à des influenceurs de taille.
Internet au féminin : des relais d’influences
Un nouveau modèle économique publicitaire voit le jour : les billets de blog sponsorisés.
Les bloggueuses « influentes » sont repérées par les marques qui trouvent des relais de communication plus économiques que l’annonçage traditionnel et bien plus efficaces. La drague est ouverte : cadeaux, rémunération, mises en avant, échantillons. Tous les moyens sont bons pour obtenir le pass doré : un article à la sauce « j’ai testé pour vous et je vous recommande », qui sera lu et approuvé par un large lectorat, puis rediffusé de blogs en blogs, participant au référencement naturel de la marque et à sa notoriété « from the bottom ».
En 2010, le marché du billet sponsorisé est saturé. Les lecteurs n’en veulent plus, les bloggueuses ne gèrent plus, et les bons plans s’échangent sur Facebook. Parmi les pages les plus appréciées :
Dans le Top 50 par nombre de fans worldwide : Starbuck, Zara, Vogue, Louis Vuitton, Gap, H&M, Victoria’s secret.
Et en France ? (sources : emarketinglicious )
1. Lacoste – 2 208 468 fans
2. Chanel – 1 865 320 fans
3. Séphora - 881 465 fans
4. La redoute – 91 991 fans
5. Pimkie – 59 910 fans
6. Fnac – 58 828 fans
7. Petit Bateau – 44 782 fans
8. Aubade – 36 479 fans
9. Spartoo – 30 974 fans
10. Les Voyages FRAM – 20 039 fans
11. Tape à l’oeil – 14 666 fans
12. Rue du commerce – 13 148 fans
13. My Little Paris – 12 851 fans
14. Bouygues Telecom – 12 117 fans
15. Cdiscount – 7 655 fans
16. Les 2 vaches – 7 212 fans
17. Picard Surgelés – 7 095 fans
18. Bonono Planet – 6 517 fans
(oups… Sarenza.com N° 2 en 2009 a été détrôné, malgré le buzz de la course en escarpins)
Difficile d’ignorer le “web potentiel” féminin …..
Parmi les influences majeures portées essentiellement par les femmes sur les média sociaux, le développement durable est un thème très récurrent. Très pragmatiques, elles abordent le Grenelle Environnement en deux lignes et consacrent des pages pleines aux éco-gestes du quotidien (cosmétiques bio, ménage écologique (Raffa le grand ménage), recettes de cuisine bio, mode éthique, recyclage…..).
Impossible de se pencher sur le web au féminin sans mentionner les luttes intestines et les petites mesquineries de l’ « e-réputation ».
Le web féminin, une jungle sauvage
Impossible de se pencher sur le web au féminin sans mentionner les luttes intestines et les petites mesquineries de l’ « e-réputation ».
Sur le web comme ailleurs, la copie, la rumeur, la rivalité et les petites guéguerres de position prévalent dés qu’on entre dans le sacro-saint communautarisme féminin.
Les attaques sont parfois perverses et insidieuses, et les batailles menées au grand jour sous couvert du « je n’accuse personne mais » et de statuts de micro-blogging sibyllins.
Du scrapbooking aux ateliers culinaires, en passant par les photos d’avatar et les billets sponsorisés, les ambiances sont parfois assassines. Pourtant, si vous les interrogez, nulles d’entre elles ne renieront leur investissement sur le net, ni leur participations aux conversations sur les réseaux sociaux.
A la manière des bars à la mode, les pages facebook et autres plateformes sociales sont de véritables lieux de rencontres. Les femmes passent très rapidement du virtuel au réel, organisent des réunions, des « swapp », profitent de leurs déplacements pour s’inviter, et passent très rapidement aux aveux et à la confidence (avec plus ou moins de contrôle « vie privée »).
L’engagement communautaire est très fort, et la relation “social media” est vécue pleinement. Le social media au féminin est un peu comme le pays de Candy : « on s’amuse on pleure on rit, il y a des méchants et des gentils. …. »
L’adhésion à un groupe ou à une page d’une marque est souvent un acte de revendication (adhésion/dénonciation). Il est parfois aussi le signe d’une traque permanente à la nouveauté et à l’innovation.
Le copinage comme à l’école reste le vecteur n°1 de la communauté : pour s’adresser aux femmes, il faut leur être proche. Tenir un discours dynamique, qui sonne vrai et qui raconte une véritable histoire.
A y regarder de plus prés, on constate d’ailleurs que le taux d’engagement est plus fort sur les thèmes qui abordent l’être humain (exemple : présentation des équipes sur la page FB La Redoute), les traditions, l’histoire personnelle, les applications pratiques que sur des thèmes plus généralistes et consensuels.
Les média sociaux apparaissent donc comme des outils incontournables pour toucher une cible féminine, à condition de savoir entrer dans les communautés et de parler vrai. (le 6° sens féminin s’avère d’ailleurs souvent très juste)
Les cas évoqués sur Facebook peuvent tout à fait être transposés sur les autres réseaux sociaux.
Le 2.0 : un élément stratégique pour les mompreneurs
Elles sont nombreuses à entreprendre chaque année (1 projet sur 3 est porté par une femme en 2010, source APCE). Beaucoup de boutiques en ligne et de petites structures, qui permettent de préserver l’équilibre « vie de famille – activité professionnelle ».
Pour ces entrepreneurs féminines, le temps est une denrée rare. Il faut aller à l’essentiel et trouver des solutions qui permettent d’atteindre une efficacité optimum rapidement.
L’aspect financier : la gratuité des média sociaux. Pour ces créatrices et dirigeantes d’entreprises, pas question de dépenser un rond dans leur comm’.
Pour beaucoup, entreprendre, c’est trouver une source de revenus dans le foyer, et peu d’entre elles peuvent se permettre de se payer un community manager à l’année, une agence de comm, voire franchement un vrai webmaster.
Pourtant, elles ont investi les réseaux sociaux en masse : Viadeo, Twitter, Facebook sont autant d’opportunités de se faire connaître, cultiver son personal branding, et trouver des clients… à moindre coût.
Elles le font d’ailleurs avec beaucoup de talents, d’inventivité, de générosité et de bonne humeur.
Parlez leur d’”influence“, de mesures de performance, de ROE et elles vous feront les yeux ronds. Évoquez alors la convivialité, la rencontre, la fin de l’isolement et elles vous feront les yeux doux.
Les médias sociaux pour sortir de l’isolement : souvent ces femmes travaillent de chez elles, s’aménageant un petit coin pour faire leurs affaires. Entre le coup de balai du matin, la sortie de l’école, et les dossiers à gérer, elles ont peu l’occasion d’avoir une vie sociale équivalente au salariat. Les médias sociaux sont leur machine à café : la papote détente, et les occasions d’échanger des services et des astuces.
Pour ces entrepreneurs nouvelle génération, le 2.0 est un terrain de jeu et de travail indispensable.
A la question “A quoi vous servent les réseaux sociaux” voici ce que ces jeunes dirigeantes nous répondent sur Le Boulevard des Entrepreneurs:
” J’utilise les réseaux sociaux pour suivre mes clients, communiquer sur mon activité, trouver des contrats, donner des conseils et en prendre, faire de la veille, papoter à la machine à café
” Cécile Douay, Orthozen :
“J’utilise les réseaux sociaux pour trouver des informations et faire découvrir l’écologie, le respect de la nature et le bien être en général. Je ne suis pas focalisée sur mon propre sujet : la mode éthique, c’est un ensemble.” Annie Chaperon, Zeste de Nature :
“Pour communiquer sur mes activité professionnelles, échanger, suivre la vie et son mouvement. Partager mon expérience, faire circuler les informations, ouvrir et m’ouvrir à d’autres horizons
)” Séverine Cadet-Letour, Sève de Vie
“Nous en usons beaucoup ! toutes nos informations sont instantanément en ligne sur nos différents réseaux sociaux: facebook, twitter, viadéo, linkedin… un moyen d’être présents un peu partout!” Nouveaux Arrivants Marseille
Conclusion : sur les réseaux sociaux
la femme est l’avenir de l’homme , peut être,
l’avenir des marques, sans doute ;
les garantes de l’éducation des générations futures, certainement.
Les initiatrices des bonnes pratiques…. à n’en pas douter!
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“Le web est devenu une tribune d’expression privilégiée qui permet d’affirmer l’identité féminine : je suis une femme, je travaille, j’élève mes enfants, je cuisine bio, je suis une fly lady, je materne, j’allaite, je suis sexy, je mérite ma place autant qu’un homme.”
Personnellement, je n’ai pas les moyens de cuisiner bio, je ne sais pas ce qu’est une fly lady, je n’allaite pas…
Suis-je encore une femme à vos yeux?
Autre chose, JE n’élève pas mes enfants, mais NOUS les élevons avec mon mari.
En tout cas, je ne suis pas sûre que l’identité féminine se résume à cela.
Mais merci de mettre une pression supplémentaire à celles qui ne suivent pas les discours médiatiques dominants.
+1 pour Celia, bonjour le machisme sous-jacent dans cet article… pourtant écrit par une femme !
Comme souvent, les femmes n’ont besoin de personne pour ressortir les clichés de l’éternel féminin.
Bien triste.
article très isurprenant Celia +2
impressionnant comme statistiques