Le lipdub: un phénomène en voie d’extinction ?

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Incontournable pour se faire connaître par le biais du net, la vidéo virale est devenue un instrument phare pour susciter l’attention et créer le buzz… Et dans l’ère du web participatif où le besoin est désormais basé sur l’interaction et le partage, le lipdub est un terrain d’expression idéal pour communiquer facilement et à moindre coût. Entreprises, partis politiques, associations, écoles ou universités, tous ont voulu montrer leur capacité d’adaptation aux nouveaux médias et se démarquer en réalisant leur propre lipdub…

Mais pour se démarquer, ne faut-il pas justement ne pas faire comme les autres ? En plein essor il y a encore quelques mois, cet outil semble déjà connaître un certain essoufflement…

La vague du lipdub a pourtant bien été amorcée… Développé pour la première fois en 2007 par l’agence Connected Ventures et notamment par le fondateur de la célèbre plateforme de vidéos Vimeo, le concept est repris par « Rumeur Publique » la même année puis par l’université de l’UQAM au Québec sujet à un beau buzz, lançant ainsi la tendance et montrant l’exemple à des organisations encore peu présentes dans l’univers 2.0…

Au fil des mois, sur Youtube et DailyMotion, on voit apparaître un nombre toujours plus croissant de lipdubs, laissant la possibilité de communiquer à un vaste panel de domaines d’activité et voilà que l’UMP, le MEDEF ou encore GreenPeace mettent la main à la patte… Elections proches, voeux de fin d’année, restructurations, tout est bon pour se mettre en scène. Preuve de son succès, depuis 2008, chaque année à Nice, un festival lui est consacré, au cours duquel et entre autres prix, la palme du meilleur lipdub est décernée.

Apparu en pleine crise économique et à un moment où les solutions de diffusion en ligne se démocratisent, pour le lipdub, l’heure de gloire avait sonné… Promis à un bel avenir, avec un support dynamique propice au bouche à oreille, parfaitement adaptée à une cible en recherche de contenus originaux, insolites et décalés et nécessitant un budget restreint (selon les prestations des agences), la folie du lipdub aurait pu durer… Mais il y a de quoi en douter. Comme tout phénomène de mode, il est éphémère et connaît ses limites…

S’il permet à nombre d’organisations de mettre en avant leur créativité et leur dynamisme aux yeux des internautes, il peut aussi parfois engendrer un buzz négatif, mettant en péril leur image… Ce fut le cas de l’UMP qui a connu de vives critiques et fut maintes fois parodié… De quoi détruire radicalement le message qui voulait être véhiculé et perdre du crédit en quelques fractions de secondes.

De même, il semble difficile de se démarquer des concurrents lorsque les mécanismes de communication ont déjà été établis par les autres… Aujourd’hui, il ne s’agit plus d’une tendance ni d’une nouveauté…

Aussi, il parait finalement normal qu’un phénomène qui fonctionne sur aussi peu de ressorts (musique/vidéo, improvisation) soit aussi vite banalisé…

Début 2010, 80% des lipdubs les plus regardés sont étudiants et les lipdubs entreprises les plus célèbres génèrent moins de 50 000 vues, un chiffre très minime comparé à la dimension Youtube… Aujourd’hui et comme en témoigne les contenus des plateformes d’hébergement vidéo et tous les autres outils 2.0 tels que les blogs, les forums ou encore les réseaux sociaux, le lipdub se fait de plus en plus discret…

Dernier lipdub en date : le plus grand lipdub du monde, celui des Catalans, avec plus de 5700 participants mis à contribution… Un buzz qui fonctionne mais basé sur un record… Le mieux à faire pour se démarquer dans un contexte où tout a déjà été testé… Ou presque…

Le plus grand lipdub du monde est Catalan…

Cet outil de communication reste tout de même un moyen d’offrir une visibilité aux marques sans risque financier majeur…Et si le risque de ternir l’image d’une organisation est là, il suppose tout de même le développement de sa notoriété…

Après cet essoufflement, le lipdub connaîtra donc peut être une nouvelle ère… A suivre.

A propos de l'auteur

Marine d'Halluin

Journaliste web Jeune diplômée en Communication Multimédia. Médias sociaux, e-reputation, rédaction web, web communautaire et plus généralement la communication online sont mes domaines de prédilection. Bloggeuse et ancienne rédactrice/CM pour la marque Post-it, j’aspire à écrire, divertir et informer sur un support 2.0 où l’actualité se fait toujours plus dynamique, vive, abondante et interactive.

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