Cet article a été publié il y a 1 an 5 mois 26 jours, il est possible qu’il ne soit plus à jour.Les informations proposées sont donc peut-être expirées.
Il est loin le temps où les premiers Social Media Gurus hexagonaux prêchaient seuls dans le désert : en quelques années, leur travail et celui de centaines d’autres ont fait émerger une véritable discipline. Le fruit d’erreurs et de succès.
Toutefois, d’aucun, dans le Landerneau social media, commencent à se plaindre d’une certaine routine: nous utiliserions toujours les mêmes mécaniques, les mêmes dispositifs, les mêmes veines créatives. Facebook deviendrait obligatoire, l’absence sur Twitter suspecte , le manque de bloggeurs « sanitaires » honteux…
Le règne de l’OnLike System
L’apparition de ce discours peut signifier deux choses au moins : soit effectivement nous tournons en rond et les annonceurs se conforment à ce comportement moutonnier, ce que je ne crois pas tant les usages sont mouvants en ce moment, soit c’est simplement une forme d’expression connexe de l’installation de certaines « best practices », ce qui contrarie inévitablement les tenants d’un certain Web.
Mais il existe une troisième voie pour répondre à ce discours. D’abord, concédons qu’actuellement en France nous vivons sous l’empire de l’Onlike System, contraction traduisant le règne du Graph social Facebook en ligne : toutes les surfaces Web ont adopté cette couche, au point qu’on le trouve parfois même sur chaque post d’un fil de discussion de forum…
Cela pose une question : le Like et, avec lui, une large frange des campagnes social media, vont elles rester strictement digitales ? Alors, oui, on pourra parler des « bloggers events » qui sont souvent IRL, mais dans ce cas, l’utilisation de la réalité puis du Web sont successives, pas simultanées. En dehors de cette pratique, on ne trouve pas beaucoup de traductions concrètes de l’alliance IRL/URL.
Et pourtant, un faisceau de présomptions laisse indiquer que la prochaine destination du social media digital est le monde réel. J’en distingue clairement quatre, au moins :
Emotion is Queen
Sincèrement , aujourd’hui, une campagne SMM, c’est quand même et surtout créer une émotion au travers d’un contenu web relativement authentique et utiliser les leviers digitaux des différentes plateformes pour faire en sorte que cette émotion se propage, se réplique . Et qu’elle génère une connivence avec la marque, une forme de reconnaissance pour le bon moment passé.
Dans ce schéma, en quoi le Web possèderait il le monopole du déclenchement de l’émotion en question ? Certes, il est probable qu’il n’existe pas à date de meilleur outil pour partager cette émotion, mais son déclenchement est loin d’être d’une exclusivité digitale. La Google Gen devra s’en rappeler.
D’ailleurs, il semble curieux de n’assister à aucun rapprochement entre des agences spécialisées dans le Social Marketing et d’autres dans le OOH (Out of Home) qui inclut le Street Marketing, les évènements outdoor et compagnie, à l’exception d’une agence parisienne. Mais quelque chose me dit que les grandes manœuvres commencent.
Pourtant, le cercle vertueux est clair : un dispositif In Real Life qui génère un contenu digital ou une mention en mesure de naviguer sur les surfaces sociales comme Facebook ou Twitter, et d’y déclencher conversations et attachements. C’est décupler l’impact d’un métier (le OOH) tout en en nourrissant un autre (le SoMe).
Sans rentrer dans le débat de la force comparée d’une émotion générée par un objet digital ou par un stimulus IRL, on a tout de même chacun son avis sur la question ! On tombe quand même vraiment amoureux de quelqu’un après l’avoir vu IRL, non ?
De brillantes tentatives d’agences et d’annonceurs
Si l’on ne devait citer qu’un seul exemple de campagne IRL/URL, on pourrait choisir l’exemple du Coca Cola Village. Chaque année, la marque convie 10 000 jeunes gens dans un village de vacances spécifiquement conçu pour eux. L’an dernier, l’intégralité des attractions et divertissements du village a été recouverte de boutons « Like » et d’une puce RFID. Parallèlement, chaque vacancier a reçu un bracelet RFID contenant les login et mot de passe de son compte Facebook. La suite est simple : à chaque fois que l’un d’entre eux appréciait un toboggan ou une grande roue, il pouvait immédiatement le partager sur son mur Facebook. Alors, bien entendu, on ne va pas tous porter des bracelets dans ce genre, mais les capacités des applications des Smartphones Androïd et Apple permettent d’envisager une intégration immédiate d’un dispositif comparable.
Pourquoi donc les rayons de tous les Zara, Uniqlo ou H&M ne sont ils pas recouverts de ce genre de boutons Like? Qu’attendent les marques ? Ou les agences pour le leur proposer massivement ? Cela fournirait aux community managers et aux créatifs un matériau fabuleux pour animer leur marque en ligne.
La social géolocalisation
L’arrivée de Places, le module de géolocalisation de Facebook, a clairement accéléré l’usage du « Check In » qui consiste à déclarer sur la Toile où l’on se trouve et par voie de conséquence avec qui, si vos amis ont le même usage.
En trois mois, le service aura atteint une notoriété supérieure à celle de Foursquare, Gowalla ou Plyce. La riposte médiatique de Foursquare n’a pas manqué de panache, mais le débat ne porte plus désormais que sur l’honneur : ces services mourront face à l’ogre aux 500 millions de
membres dont une proportion toujours plus importante utilise le service en situation de mobilité.
Mais plus que Places, c’est Deals qui va permettre aux marques de gérer le marketing et plus spécifiquement le programme relationnel de la zone de chalandise de chacun de leur point de vente. Ainsi, concrètement, dans peu de temps, nous serons prévenus par notification que le McDo d’en bas fait 20% sur ces burgers de la veille.
La réalité augmentée
Cette technologie mérite très certainement le prix « Arlésienne 2010 ». Très médiatique dès 2008, la réalité augmentée n’a pour l’instant, à l’exception de rares expériences comme celle de Lego, pas dépassé le stade des applications « Monuments historiques » ou « Metro parisien ». Concédons que Nike City fut une très belle expérience mais qui n’a finalement pas rencontré un succès de masse dans les quelques grandes villes mondiales concernées.
Le potentiel, pourtant, est gigantesque.

La grande réconciliation entre les agences digitales et le reste du métier?
Peut-être n’est-on pas arrivé au bout du cycle d’évangélisation des marques. Peut être qu’on ne peut pas aller aussi vite et, sans cesse, les déstabiliser avec de nouveaux paramètres. Peut-être aussi qu’il faut rentabiliser des années d’investissement avant que ne soit récemment reconnue la valeur du levier Social Media. Peut-être enfin qu’épuisés par nos milliers de slides, de posts et de tweets, les annonceurs et nous-mêmes nous appuyons sur des valeurs sures et n’osons pas sortir de la surface que nous commençons à peine à maîtriser.
Il y a pourtant derrière ce frein des trésors de créativité, des opérations fabuleuses à imaginer et, au loin, la grande réconciliation entre les agences digitales et le reste du métier de la communication. Non ? Non, je déconne !
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Article véritablement très intéressant.
J’ajouterais aux freins du couple IRL/URL un certain manque d’intérêt (ou en tout cas une difficulté à percevoir l’intérêt) de la part des conso eux-mêmes.
N’oublions pas que nous, sur la twittosphère et la blogosphère, nous ne nous comportons pas tout à fait comme des consonautes lambda : nous sommes très curieux des avancées technologiques appliquées à notre quotidien et des innovations en terme de communication.
Mais il faudra quelques années (peut être pas beaucoup, au train où vont les choses), pour que les gens comprennent ce qu’est la réalité augmentée (par exemple) et en quoi elle peut être extrêmement intéressante, et SURTOUT pour comprendre que ce qui se passe en ligne se passe aussi dans le réel (ils sont encore trop nombreux, ceux qui pensent que la vie IRL n’est en aucun cas mêlée à leur activité online).
Et parmis ces gens, ces internautes lambdas, il y a des digitals natives, beaucoup de digitals natives…
Tu sais, si tu fous des bons de réductions, des cadeaux, des jeux concours et de la valorisation personnelle, curieusement les usages changent!
Une dynamique réelle aussi et dont les parisiens peuvent peut-être avoir du mal à percevoir (centralisation oblige), c’est la propension des PME-PMI et autres institutions locales à faire de belles et bonnes choses… mais à leur mesure. Alors c’est sûr que c’est pas les budgets de Coca (mais à la rigueur combien d’entreprise en France auraient ce budget ? 100 ? 150 ?), mais ma foi, après 3 ans en agence webmarketing bretonne, les choses ont pas mal évolué ces derniers 10 mois et plutôt dans le bon sens.
Je crois que le retour au réel sera aussi le retour au local, au raisonnable et sera générateur de business pour les agences locales. Toutes les entreprises ne demande pas des plaquettes commerciales écrites en lettre d’or livrées chez le client par une poufiasse en string ou un chippendles en toc. Les stratégies sociales doivent aussi aller dans le sens des professionnels… et de leurs budgets.
C’est la grosse différence entre les agences et la littérature sur les médias sociaux, c’est qu’au moins les agences partent du bon endroit : A savoir on a déjà le client comment l’emmener vers les médias sociaux ?
Le problème de l’internalisation ou de l’externlisation des ressources est d’une naiveté consternante ; le vrai problème est de savoir qui a assez de visibilité macro et micro sur les entreprises pour pousser les stratégies sociales et aujourd’hui à part les agences et quelques freelances qui le font par nécessité commerciale… personne ne se donne la peine de la faire. (C’est plus cet aspect là qui me lasse dans ce que je peux lire ici et beaucoup là sur les médias sociaux).
C’est l’article le plus intéressant que j’ai pu lire sur ce blog ; je ne manquerai pas de lire tes suivants.
Totalement ok:)
On ne peut plus d’accord avec Hélène Gloux, et j’irai même encore plus loin : l’utilisation des réseaux sociaux par la majorité est loin d’être avancée. Elle se résume encore bien souvent à partager les photos de ses soirées ou de ses vacances sur FB. Twitter, Foursquare ou d’autres services ne sont utilisés que par quelques curieux et/ou professionnels du Web. Rares sont les personnes qui ont réellement conscience de la valeur ajoutée du Social Media, et également parmi les professionnels du marketing Web, ce qui est souligné très justement dans l’article. Personnellement je n’utilise pas beaucoup FB (et certainement pas pour partager mes photos de vacances !), et pas mal Twitter depuis quelques mois. Ce n’est vraiment pas grand chose, mais avoir cette sensibilité et cet intérêt est amplement suffisant pour être déjà assez loin devant les autres et être considéré parfois comme un OVNI par des amis, qui sont pourtant loin de vivre dans des coins reculés de notre bonne vieille France.
Cela peut aller vite, en effet, mais il faut être conscient des réalités : nous ne sommes pas tout à fait prêts.
C’etait pas non plus de la prospective ou de la science fiction: il y a quand même un certain nombre de d’experiences concluantes, non? Ce qui me surprend, c’est qu’on ne distingue pas les bénéfices de ces tentatives et qu’elles ne se généralisent pas.
Tous a fais d’accord, il y’a des actions qui fonctionne. Mais en général il y’a de gros moyen déployé et une identité forte derrière.
Le problème qu’il se passe, c’est que l’on inspire des USA pour implanté en France.
Sauf que en France on a pas utilisation aussi développer de Facebook ou Twitter comme aux USA.
Certaines opérations mélant le IRL et l’URL existent et sont quand même déjà bien ancrées dans les habitudes du web! Pensons par exemple aux Flash Mobs, ou encore aux Live Tweets!
Pas trop ok sur les flash mobs car c’est rarement en livecast. Mais sur les Live tweets, tu as raison.
Tout à fait ! C’est d’ailleurs de cette façon que l’on arrivera à faire rentrer ces nouveaux usages dans les moeurs, mais Rome ne s’est pas construite en un jour : même avec ces leviers, il faudra un peu de temps (peut-être pas tant que ça, une fois encore).