Ich bin ein Community Manager : l’Allemagne et le social media

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social media allemagneA la suite d’Anne, qui vous a déjà donné un aperçu des différences France / Etats Unis, à mon tour de vous faire part de ces particularités typiquement allemandes auxquelles il faut s’adapter quand on anime les réseaux germanophones !

La langue elle-même, pour commencer. Globalement, les mots allemands sont plus longs que les mots français : à prendre en compte dans la rédaction d’un tweet ou d’une campagne de recrutement sur Facebook.

Ensuite, au quotidien, j’ai pu constater des différences d’investissement des Allemands par rapport aux Français sur Twitter. Cela ne se mesure pas en nombre d’utilisateurs (qu’il serait ridicule de comparer à mon sens, étant donné l’écart de population et le fait bien connu que de nombreux comptes Twitter sont inactifs), mais en activité : si l’on en croit A world of tweets, les Français sont plus actifs que les Allemands sur Twitter.

Quant aux blogs, l’Allemagne se trouve juste derrière la France au classement mondial des blogueurs, si l’on compare le nombre d’articles publiés en tenant compte des écarts de population. L’Allemagne n’est pas un pays de blogueurs, et c’est mal parti pour s’arranger : les blogueurs issus de pays germanophones (Allemagne, Suisse et Autriche) ne se linkent pas entre eux. Ils préfèrent lier des portails d’information ou des blogs US, et ce pour une raison simple : ils ont peu de chance d’être liés en retour par leurs compatriotes…

En revanche, et là c’est une pure hypothèse de ma part : j’ai l’impression que les plus rares blogueurs allemands sont moins allergiques aux démarches des annonceurs que nos compatriotes… Peut-être justement parce que les démarches en question sont plus rares ?

Facebook “contre” Mein VZ ?

Côté réseaux professionnels, en Allemagne on ne réseaute pas sur LinkedIn, mais sur Xing. Pour les nostalgiques de Skyblog, on notera également l’amusant DeinPunkt dont la page d’accueil s’illustre de photos d’adolescents torses nus et de zoom sur décolletés pris avec téléphone portable.

Mais la véritable exception culturelle Allemande concerne Facebook, auquel s’oppose le réseau social local : MeinVZ, pour Mein Verzeichnis (c’est-à-dire « mon répertoire » en Allemand). MeinVZ est actuellement le plus gros réseau social made in Germany avec 17 millions de membres sur les 3 plateformes du réseau (SchülerVZ pour les 12-19 ans, StudiVZ pour les étudiants, et MeinVZ pour les vieux après).

MeinVZ ressemble étrangement à Facebook, aussi bien dans son concept de base (retrouver ses amis de l’école à la fac, leur laisser des messages, il existe même une version allemande du poke : le « Gruschel », salut allemand sous forme de sympathique accolade), que dans son design. Une image vaut mieux que mille mots, vous verrez, c’est frappant (je vous épargne la pub en rouge qui pique les yeux et qui s’étale sur tout le fond de la page) :

capture d'écran meinvz

Même l’interface de paramétrage/ciblage des publicités (qui financent en majeure partie MeinVZ) est quasiment identique à l’interface Facebook.

Alors, qu’est-ce qui différencie MeinVZ de Facebook ? Avant tout, MeinVZ clame son respect des données personnelles. Or les Allemands sont particulièrement sensibles à la question, en témoignent l’affaire des failles de confidentialité qui a suscité une vague d’appel au boycott de Facebook.

Cependant, l’équipe directrice de MeinVZ ne nie pas la croissance massive de Facebook en Allemagne en 2010…  C’est pourquoi tout est misé sur le côté « réseau de niche » de MeinVZ ainsi que sur les nouveaux services qui seront proposés à l’avenir, dont un service téléphonique à la manière de Skype. Mein VZ adopte également une stratégie qu’on a déjà vue chez Myspace, pour ne citer qu’eux : intégrer Facebook à son propre réseau pour résister plutôt que lutter !

Alors, à votre avis, un réseau social local tel que meinVZ peut-il encore lutter contre le géant Facebook ?

Post-Blogum : j’ai essayé de vous livrer une analyse évitant les clichés et sourcée (dans la mesure du possible en anglais ou français, parfois en allemand). Pour toute question supplémentaire, je me tiens à votre disposition !

A propos de l'auteur

Camille Gras

Camille Gras  (8 articles)

Consultante social media @Vecteurdimage, j’accompagne les marques et les institutions dans la gestion de leur e-reputation et dans la mise en oeuvre de leur stratégie de community management. Mes missions principales : créer la discussion avec les internautes, servir de médiateur entre la marque et les blogueurs pour favoriser leurs échanges dans un respect mutuel, ou encore proposer aux cibles de la marque des contenus attractifs et à forte valeur ajoutée !
J’écris moi-même sur différents blogs, personnels ou professionnels, depuis 2004 et j’aime à tester les nouveautés en matière de réseaux sociaux et à explorer leurs usages possibles. Je crois que c’est de la pratique active des réseaux sociaux que l’on tire l’expérience la plus formatrice !

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