Google Glass et les réseaux sociaux

Google Glass et les réseaux sociaux

Cette semaine, je souhaiterai vous faire part de mes réflexions sur les Google Glasses et les réseaux sociaux.

Je suis l’actualité de ces lunettes de près en compilant toutes les informations et réflexions liées à ce nouveau type de produit. Et naturellement je me pose des questions quant aux possibilités offertes par ce nouvel objet dans les réseaux sociaux et de manière plus large sur le comportement et les interactions humaines qui sont à la source des communautés. Au delà de la nouveauté purement technique se posent de nombreuses problématiques liées à la vie privée, sujet récurrent sur les réseaux sociaux. 

Google Glasses : Kesako ?

Les Google Glasses sont issues d’un programme de recherche, le projet Glass. Ce programme a abouti à la création d’une paire de lunettes agrémentées d’un système de réalité augmentée. 

Ces lunettes n’ont pas de périphérique clavier ou de surface de contrôle. C’est pour cela qu’il existe un système de commande vocale pouvant être associé à de la reconnaissance gestuelle. 

Le plan de communication sur les réseaux sociaux

Google vient de sélectionner 8000 testeurs américains pour participer à un test à « grande échelle » de ses Google Glasses. Ils ont d’ailleurs utilisé les réseaux sociaux dont Twitter avec le hashtag #ifihadglass pour identifier les personnes proposant les utilisations les plus susceptibles d’apporter une utilisation intéressante de ce nouveau type de terminal de réalité augmentée.

Il semblerait que la liste, pour le moment non officielle et partielle, des gagnants soit disponible si l’on se réfère à cet article d’un étudiant de Standford qui a analysé les interactions entre le compte @projectglass et les gagnants via l’API de Twitter.

La liste comprends le tweet et permet donc d’avoir une large éventail d’utilisations identifiées comme singulières et intéressantes à tester. Google avait déjà fourni des exemplaires à des développeurs tiers pour qu’ils commencent à développer des applications.

Des applications et déjà des questions

Certaines applications comme Insight existent déjà. Cette dernière permet de reconnaître les vêtements des personnes filmées en les comparant à une base de donnée et ce pour les identifier. C’est le même type de fonctionnement que Shazam. On ne peut pas dire qu’il s’agisse vraiment d’une application sociale mais elle pose déjà la problématique du droit à l’image.  

Il n’est pas dit que les personnes “scannées” aient donné leur agrément, ce qui ouvre de nombreuses questions sur la gestion de la vie privée autour de l’utilisation de ces lunettes. Les articles sur ce sujet commencent à se multiplier.

Google semble plutôt confiant quant à la prise en compte de ces sujets et c’est sans doute en procédant par phase (interne, développeurs tiers, testeurs, grand public) qu’il affine et peaufine le fonctionnement et les règles d’utilisation et de production d’application (pub et vente d’application interdite, désactivation à distance si revente). 

Les quelques affaires liées à la vie privée concernant Google Maps et les efforts fournis par la concurrence pour donner plus de transparence et de clarté sont sans doute pris en compte également. Il n’en reste pas moins qu’en ouvrant la voie, Google s’expose à essuyer les plâtres.

Mais il peut se le permettre avec les derniers résultats financiers qui sont excellents. Par ailleurs, cela fait complètement sens quand on sait qu’au plus haut niveau de la société on souhaite apporter l’informatique à un tout autre niveau : celui des ordinateurs dotés d’intelligence artificielle avec lequel on converse, comme on peut le voir dans la série culte Star Trek.

Pour Google, ce n’est plus de l’ordre du fantasme et c’est ce sur quoi ils travaillent, les Google Glasses étant un élément venant compléter cette vision futuriste. 

Han Solo with Google Glass

source : The Verge

Et les réseaux sociaux ?

Twitter a très rapidement annoncé qu’il préparait une expérience avec ces lunettes. Pour le moment, aucune information précise n’a filtré mais on peut supposer qu’ils proposeront une expérience autour de la musique ou de la vidéo. Une piste qui me parait sérieusement envisageable est celle d’une application de social TV, Twitter étant très actif sur le sujet depuis un certain nombre de mois.

Facebook n’a pas annoncé à date d’application mais on peut fortement imaginer qu’ils seront présents et ce pour éviter de laisser le champ libre à la concurrence. Au delà de Twitter, c’est Google + qui commence à monter en puissance et qui sera sans doute bien plus intégré à ces lunettes que les leaders actuels du marché (dans l’une des vidéos, on voit d’ailleurs un partage de photo auprès de cercles, un concept apporté par Google +).

Facebook est sans doute plus dans une position d’observation attentive et concentre ses efforts sur le mobile qui est et restera pendant encore de nombreuses années le terminal de référence de part sa pénétration très large.

Partage avec des cercles Google +

Rien n’a non plus été annoncé du coté de Youtube mais le service appartenant à Google, on peut imaginer que ces derniers proposeront une application à forte valeur ajoutée et qui ne sera pas une simple déclinaison de l’application mobile. On peut penser, mais cela reste à confirmer, que l’editeur de vidéo par défaut sera Youtube.

Le moteur de recherche souhaite pousser les développeurs à créer des applications dédiées apportant une réelle valeur ajoutée et non une simple réplication de ce qui existe. C’est pour cela qu’un fond d’investissement financé par Montain View a été crée. On peut donc supposer qu’ils appliqueront les recommandations qu’ils demandent à des tiers de suivre en proposant une nouvelle approche de Youtube et de Google+.

De nouveaux réseaux sociaux ?

Il est tout à fait possible que l’apparition de ce nouveau type de terminal amène de nouveaux usages et de nouveaux réseaux sociaux. Ce qui a fait la force de Twitter à son lancement, c’est le format qui fut dès le début pensé pour les mobiles. Les 140 caractères imposés étant finalement liés aux caractéristiques des SMS. Il peut être en effet difficile pour un acteur établi de fournir une expérience adéquate et optimum sur tous les écrans.

Au delà ce challenge, c’est le type de contenus et de comportements qui diffèrent pour répondre à des besoins spécifiques. Le test grandeur nature devrait apporter un certain nombre de pistes d’utilisation intéressantes à Google.

Création plutôt que consultation ?

Il semble peu probable que ces lunettes soient utilisées pour consulter les réseaux sociaux de manière classique (via une url sur une page) et ce même si cela était faisable. En tout cas, cela ne pourra pas se présenter comme sur un ordinateur ou un smartphone. Ou du moins pas en mode linéaire avec une Timeline. N’oublions pas l’absence de clavier ou de souris. Je pense que nous verrons plus cela sous forme de notifications, avec des sons ou pastilles, en temps réel coté consultation.

L’intérêt est bien moindre que pour la création de contenu mais quant on sait que 90% des gens sont des spectateurs, que 9% commentent ou sont actifs sur le contenus laissant finalement que 1% de vrais créateurs de contenus, on imagine bien qu’il faudra des applications permettant un usage consumériste pour la majorité.

A mon sens, c’est dans la facilité de création, d’enregistrement et d’alimentation que ces lunettes apporteront un vrai plus. Leurs capacités d’enregistrement étant bien plus simple et direct que la plupart des produits que nous avons actuellement.

Quant on y pense, il faut sortir son appareil (photo/smartphone), l’allumer ou l’activer, faire le point, enregistrer puis l’exporter pour l’envoyer ou le partager par email, sur un blog ou sur les réseaux sociaux. Avec les Glasses, on raccourcit tout ce processus en le rendant plus rapide et donc potentiellement plus facile, accessible pour les utilisateurs.

Alors bien entendu il faudra un temps d’adaptation, que ce type de produit se généralise avant que cela ne représente une part significative des objets de capture d’image et de sons. Mais s’il s’avère, et je le pense, que cela apporte un vrai gain de temps et de réactivité aux créateurs de contenus, ces derniers s’en empareront. Je pense notamment aux journalistes ou aux personnes devant communiquer (community manger compris). De nombreux autres corps de métiers suivront au fur et à mesure et bientôt il ne serra plus étonnant de les voir porter en pleine rue.

Il est probable que ce nouveau type d’interface apportent de nouvelles forme de contributions et de formats. On pense au précurseur Justin TV qui pourrait donner des idées aux acquéreurs de ces lunettes ou à la télé réalité qui l’utilisera dans de nouveaux formats.

Droit à l’image et gestion de la vie privée

L’arrivée d’un tout nouveau produit apporte toujours son lot de questions et de craintes liées à la protection de la vie privée. C’est un bar qui a fait parlé de lui en premier en indiquant interdire les Google Glasses. C’est ensuite les casinos de Las Vegas qui se sont prononcés contre l’usage de ces lunettes dans leurs établissements et ce pour des raisons de sécurité. Et la liste risque de s’allonger si l’on songe que lors des JO 2012 de Londres il y avait eu des consignes, très discutées sur les réseaux sociaux d’ailleurs, pour interdire la prise de photos et le partage sur les réseaux sociaux.

Tout comme l’appareil photo et le téléphone, certains endroits resterons interdits à ces accessoires de réalité augmentée. Et tout comme ces appareils, ces lunettes risquent fort d’être interdites dans certains cas comme lors de la conduite d’un véhicule comme un texte de loi.

Au delà des interdictions dans certains lieux se pose la question des limites d’utilisation et des systèmes de blocage ou de signalement nécessitant l’agrément du lieu ou des personnes capturés par la vidéo ou le son de ces appendices. Deux très bons article sur le sujet : Les Google Glasses peuvent-elles changer le statut juridique de la vision ? et You Lookin’ at Me? Reflections on Google Glass qui apportent un éclairage intéressant sur le paradigme qu’apporte ce type d’accessoire au niveau des relations humaines.

Google Glass, une sorte d'oeillière ?

Source : Flock sur Clubic

Dès lors il n’est pas étonnant que Google soit très prompt à proposer guide de bonnes pratiques et d’ergonomie. Il y a fort à parier que ce dernier va très rapidement s’étoffer. Il y a un vrai challenge car la créativité a besoin de liberté mais le tout doit être encadré par Google pour rassurer les utilisateurs et les législateurs.

Prochaines étapes

Il n’aura pas fallu longtemps à certains concurrents pour annoncer leur lunettes :  Microsoft  et le chinois Baidu ont déjà fait des annonces dans ce sens. Les yeux se tournent maintenant vers Apple et Samsung qui travaillent activement tous les deux sur la montre connectée.  Mais nous pouvons raisonnablement nous attendre à des projets allant dans ce sens.

Côté Google, nous en saurons sans doute plus lors de la prochaine conférence I/O de Google  qui se tiendra en mai.

Je vous invite à consulter régulièrement le sujet que je tiens et que j’actualise pour plus d’informations et ne rien raté sur les Google Glasses.

A propos de l'auteur

Raphaël Hunold

Raphaël Hunold  (13 articles)

Community manager à M6Web pour les portails Clubic.com, Jeuxvideo.fr et Turbo.fr. Travaille dans le web depuis plus de 10 ans (intégrateur, webmasteur, chef de projet mobile). Veilleur actif sur les domaines suivants : innovation, mobile, communauté, start up, mobile

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