Article suivant


My Community Manager

2 avril 2013

Community Manager, prenez soin de votre communauté

closeCet article a été publié il y a 1 an 4 mois 30 jours, il est possible qu’il ne soit plus à jour.
Les informations proposées sont donc peut-être expirées.

Communauté par-ci, communauté par-là. Vous en avez marre d’entendre ce mot ? Je vais faire semblant de vous comprendre. Feriez-vous semblant de lire cet article jusqu’au bout ? Définir une communauté est une chose difficile. C’est dans cette difficulté, par ailleurs, que se trouve le sens d’une communauté. Je me plais à croire qu’une communauté est une expérience – d’où le fait que chacun définira une communauté selon sa propre expérience – dont les personnes sont les acteurs principaux. Puisqu’il s’agit de personnes et de relations entre ces mêmes personnes, une communauté est importante.

La Commuanuté des Satellites

Une Communauté se Cultive…

Pourquoi ? C’est la question qu’il faut se poser. C’est la question que je me pose. Et le mieux pour approcher de la vérité est souvent de se demander ce qu’il adviendrait si la communauté n’existait pas. Beaucoup ici, tout d’abord, n’aurait pas de métier. C’est déjà ça et cela justifie a priori son importance : la communauté a suscité de nombreuses vocations. Sans communauté, Sandy aurait davantage ravagé le coeur des Newyorkais. La communauté tech. de la ville à la pomme s’est démenée pour apporter aide et soutien à ceux qui n’avaient, par exemple, plus d’électricité. La communauté est une épaule sur laquelle on peut compter, elle est un ensemble de valeurs et de croyances partagées. Sans la communauté, nous ne ferions pas deux heures de trajet par jour pour rejoindre ceux qui nous inspirent, ceux qui comme nous veulent aller plus loin. Sans la communauté, nous n’entendrions pas parler du clash entre Booba et La Fouine (je suis avec Booba). La communauté est donc tout ce vide qu’elle laisserait si elle n’existait pas : un sacré grand vide. Les relations entre les personnes et ce que ces relations suscitent, ce que les personnes partagent et ce qu’elles donnent aux autres, le sentiment d’appartenance et le sentiment d’accomplissement qui s’en dégagent définissent la communauté. Voilà pourquoi elle n’est pas seulement importante, elle est vitale.

Je suis nouveau sur ce blog comme je suis nouveau dans ce monde. J’ai créé fin 2011 la communauté de coworking niçoise Les Satellites et j’ai compris que la communauté était tout l’ADN du coworking. La communauté est tout le coworking. Elle l’embrasse tellement qu’un mot difforme, difficile à expliquer, à prononcer, prend tout son sens avec elle. Le coworking est une expérience, tout comme l’est la communauté.

À la tête d’une communauté, j’ai appris qu’elle n’était pas un instrument. À la tête de cette communauté, j’ai appris qu’elle n’était pas un moyen. J’ai souvent entendu – on m’a souvent posé cette question – au cours de cette dernière année “comment peut-on créer une communauté ?”. Je crois que définir une communauté ainsi est une erreur. On ne construit pas une communauté comme on construit un immeuble. Une communauté est semblable à un organisme vivant : elle se cultive, elle grandit, elle évolue. On reconnaît le travail des Community Managers à la terre incrustée sous leurs ongles (hat tip à Alex Hillman). Un jardin, ça se cultive. Un immeuble, ça se dresse. Et puis basta. Pas une communauté. Elle est un véhicule qui, quelle que soit les conditions, roule. Notre travail, nous les Community Managers, est de faire en sorte que la route soit la meilleure possible et la mène là où elle souhaite se rendre, c’est-à-dire là où son potentiel s’exprimera le mieux, là où personne n’aura été avant. Quelle est votre définition du coworking ? Je vous pose la question et j’aimerais que vous me répondiez en commentaire. La notion d’expérience, la présence des personnes doivent y figurer.

 

… Et Produit des Fruits Exceptionnels…

Un jardin non entretenu ne produit pas de belles fleurs. Que des mauvaises herbes. Alors qu’un jardin entretenu produit de belles choses et, si vous avez de la chance, souvent de belles choses inattendues. Pour autant il ne faut pas tout laisser à la chance. Une communauté soudée et solide n’est pas le fruit du hasard. Il y a un vrai travail éreintant derrière. Un travail qui porte trois beaux fruits : l’empathie, la participation et les relations.

Selon Alex Hillman.

L’empathie est l’action la plus illisible. Il est normal que dans un groupe on trouve des désaccords. Il est fort que dans un groupe, à un moment donné, une personne choisisse de se mettre à la place de l’autre et comprenne son point de vue, aussi différent du sien peut-il être. C’est l’empathie en action et aucun ne devrait en être exempté, pas même le Community Manager qui, pour comprendre sa communauté, doit nécessairement se mettre à sa place. L’empathie agrandit le possible. L’empathie sert de miroir. À chaque fois qu’un membre de la communauté tente de comprendre la personne en face de lui, c’est une victoire. Or, l’empathie s’encourage et c’est le rôle du leader de cette communauté de tirer vers plus de compréhension de l’autre.

La participation est, a contrario, l’action la plus lisible d’une communauté. Elle se mesure. Une communauté n’existe pas sans une participation active de ses membres. Sinon elle est un public, une audience (j’y reviens plus bas). Et l’action du Community Manager n’y changera rien si, à un moment, les membres de sa communauté ne se saisissent des rênes et choisissent de participer à l’élan créé. La participation est entraînante. La participation ne se force pas : elle se choisit. Qu’est-ce qui encourage tel ou tel membre à participer pour sa communauté ? Ceci définit le rôle du leader de cette communauté.

Les relations, enfin, sont le ciment de toute communauté. Il est impossible de concevoir une communauté sans ces relations entre ses membres. N’oublions pas qu’il s’agit de personnes, ni plus ni moins. Une communauté est d’autant plus forte et active qu’elle est soudée. Qui sera là lorsque vous aurez besoin d’aide ? Qui prendra le temps de vous soutenir ? Une communauté soudée se sent, elle se meut. Le Community manager, ici, doit faire en sorte de consolider ces relations entre les membres de sa communauté. Les relations sont collantes.

 

… Qu’un Simple Public ne Saurait Produire.

Une communauté est importante, solide et soudée quand elle sait se démarquer d’un public ou d’une audience. Pourquoi ?

  • Parce que constituer un public, c’est créer du contenu encourageant l’engagement alors que bâtir une communauté, c’est bâtir des relations entre les personnes.
  • Parce qu’un public est volatile alors qu’une communauté est tangible.
  • Parce qu’un public ne se forme pas par intention alors qu’une communauté si : les personnes choisissent d’être ensemble.
  • Parce qu’un public est passif alors qu’une communauté est active.
  • Parce qu’un public écoute la personne sur scène alors qu’une communauté participe au dialogue.
  • Parce qu’un public est immobile et silencieux alors qu’une communauté se cultive et se meut.
  • Parce qu’un public est extérieur et en dehors alors qu’une communauté crée et participe.

Tout l’art du Community Manager est de transformer le public en une communauté. Comment ? En offrant des moyens pour se connecter et intéragir, pour se chercher et se soutenir, en écoutant et en encourageant la participation.

 

Je cherche les mêmes signaux que toi.

Nous sommes et restons des animaux sociaux. Nous formons des groupes parce que nous partageons des valeurs et des croyances. C’est culturel. Qu’est-ce qu’une nation ? Des personnes réunies autour de valeurs et de croyances partagées. Qu’est-ce qu’une entreprise ? Des personnes réunies autour de valeurs et de croyances partagées. Prenons l’exemple de deux Français dans le métro newyorkais. Dès l’instant où l’un d’entre eux entendra l’autre parler, quelque chose va le pousser vers lui : ils commenceront à discuter plus facilement. Ce quelque chose c’est ces valeurs et ces croyances qu’ils ont en commun. Dans un environnement qui nous est étranger, qui ne nous ressemble pas, nous nous rapprochons de ceux qui croient à ce que nous croyons. Et nous faisons confiance à ceux qui croient à ce que nous croyons. Instinctivement et naturellement, je vais croire ce Français du métro newyorkais m’indiquant le meilleur restaurant italien de la ville. Plus que n’importe quel autre Newyorkais croisé au hasard dans la rue, ce Français croit à ce que je crois et cela a beaucoup de valeur pour moi. J’ai besoin de cette confiance : elle est un soutien inestimable pour la personne que je suis et le but que je recherche.

Où est Charlie ?Si l’on vous demande de sortir dans la rue et de chercher les personnes qui croient à ce que vous croyez, vous savez immédiatement où vous rendre. Vous connaissez parfaitement les signaux qui correspondent à vos croyances. Vous savez où et quoi chercher car ces signaux vous correspondent et font de vous la personne que vous êtes. C’est ainsi que se forment les communautés : je cherche les signaux et symboles auxquels je crois et j’émets ces signaux et symboles pour que d’autres personnes puissent me trouver. À cet instant nous sentons que la communauté est une chose plus grande que nous. Son tout, ces valeurs et croyances partagées, est plus grand que la somme de ses parties, les personnes. Pourquoi ce type s’est-il tatoué le logo d’Harley-Davidson sur l’épaule ? Sûrement pas pour nous dire qu’il est client de la marque. Sûrement pour nous dire qui il est et ce à quoi il croit. Et j’irai lui parler, bâtir quelque chose avec lui, si je crois à ce qu’il croit. La communauté n’est pas seulement importante, elle est vitale.

Si vous en êtes arrivés jusque ici, si vous avez choisi de lire cet article jusqu’au bout, c’est parce que nous partageons quelque chose en commun : nous croyons que la communauté c’est bon et je suis heureux que vous croyez à la même chose que moi. Désormais il existe un lien entre nous. Tâchons de le maintenir et de le consolider : qu’en dites-vous ?



A propos de l'auteur

Nicolas Bergé
Nicolas Bergé
Je m'appelle Nicolas Bergé. Je suis le cofondateur des Satellites, communauté et espace de coworking à Nice parmi les plus reconnus en France, forte d'une soixantaine de membres actifs et de centaines de participants en France et à l'étranger. Je fais toujours ce que je dis. 26 ans. 1 tour du monde à mon actif.








 
 

 
instagram17

Quand marques et blogueurs vous font voyager sur Instagram

Vous ne partez pas encore en vacances, en êtes revenu ou demeurez chez vous cet été : nous avons retenu dix comptes Instagram qui vous permettront de voyager partout dans le monde. Cinq comptes de marques connues et cinq com...
par Benjamin Thiers
14

 
 
win-blog-600x369

Enquête : les meilleurs souvenirs des community managers

Cet article a été publié il y a 1 mois 6 jours, il est possible qu’il ne soit plus à jour. Les informations proposées sont donc peut-être expirées. Le métier de community manager fait partie de ces métiers passions, ...
par Djivan Minassian
7

 
 
homepage-sociallymap

On a testé pour vous : Sociallymap

Cet article a été publié il y a 1 mois 20 jours, il est possible qu’il ne soit plus à jour. Les informations proposées sont donc peut-être expirées. Vous en avez marre de concentrer votre temps à des tâches répétit...
par Matthieu Dixte
61

 




32 commentaires


 
 

  1. Nicolas Bergé

    Bonjour aux lecteurs de My Community Manager. Comme je suis nouveau et que c’est mon tout premier article, je tenais à me présenter. Discutons désormais si vous avez des commentaires sur l’article ci-dessus. J’adorerais échanger avec vous. A plus !


    • Bonjour Nicolas,

      Bravo pour ce magnifique article, qui rassure, fait réfléchir puis sourire, et qui m’a même émut à certains moment. Tes mots légitiment le travail de coeur et de longue haleine des community managers, pas toujours facile à définir.

      Donc merci pour ces mots très bien choisis !
      Rien à ajouter :)

      MamzellePrint


  2. Bonjour Nicolas et bravo pour ce premier article inspirant. Je surligne la checklist des différences entre public et communauté, c’est énoncé de façon claire et limpide. Tout ceci apporte un éclairage salutaire sur le sujet… Merci.

    J’ajoute pour ma part que la communauté participe à la construction de l’image de la structure autour de laquelle elle gravite. En cela elle ne peut être domptée et fait partie des données libres qui entourent la présence web d’un organisme… Et avec lesquelles il faut compter.

    Sébastien.


  3. Bonjour

    Je suis ici parce qu’un ami, virtuel certes mais ami, a scoopé votre article et que sa façon d’en parler m’a donné envie. Je vais le reScooper et la raison en est qu’il y a ici dans le ton et les images quelque chose qui palpite, à l’image du vivant.

    Il y a un certain lyrisme, ce par rapport à quoi le web est trop soigneusement aseptisé. Cela donne un élan aussi que votre malicieuse invitation à parcourir le texte et y participer. J’ai récemment lancé une discussion sur LinkedIn et mesuré à quel point suggérer l’engagement n’est pas rien…

    Vous distinguez adroitement la différence entre public et communauté. Y a-t-il donc dans nos actes, nos pensées et notre attitude de fond une aptitude au “Comme Un” ?..

    Serge


    • Nicolas Bergé

      Merci Serge !
      La participation s’encourage, effectivement, et n’est pas le fruit du hasard.
      J’aime ce jeu de mot. Mon écrivain préféré a dit un jour : “La première personne qui un jour a dit “je” est le plus grand criminel de l’histoire.” A méditer.

      A bientôt.


  4. Martine Saint-Cyr

    Bonjour, je me permets de faire un petit coucou et de rajouter mon grain de sel sous forme d’ouvrages de références. Ma formation en relation publique m’a permis de comprendre certaine choses dans la formation des communauté et la génération d’enjeux. Bref, j’analyse “mes” communautés par le prisme des “parties prenantes” et la RSE. L’ouvrage des messieurs Igalens et Point est un incontournable . Il y a aussi le classique <The logic of collective action" de Mancur Olson et mon préféré,c'est la grille de Mitchell http://fr.wikipedia.org/wiki/Grille_de_Mitchell. Et oui, j'utilise aussi le concept de la co-construction de la marque qui se déploie tout aussi bien pour la e-réputation.

    Au plaisir.


    • Nicolas Bergé

      Martine, merci beaucoup pour ces ressources, c’est super !
      J’aimerais en savoir plus sur ce que vous avez appris concernant la formation des communautés et la génération d’enjeux. Vraiment. Si vous avez le temps, j’adorerais que vous m’écriviez (mon email est présent dans “A propos de l’auteur”).

      A nouveau, merci beaucoup !


  5. Nicolas, c’est drôlement rafraîchissant de lire ton texte sur les communautés. On dirait un cri du coeur et je le partage. Je conseille les responsables de projets de communautés de pratique et je coach leurs animateurs depuis 10 ans, suite à une recherche du CEFRIO sur le sujet (tu connais sans doute les textes d’Etienne Wenger). Tu as raison, il s’agit bien de cultiver une communauté mais dans les organisations, c’est un nouveau paradigme. Je suis partant pour poursuivre le dialogue avec toi et ce groupe.


    • Nicolas Bergé

      Merci Michel !
      Le coworking est une communauté de pratique : je le dis tous les jours.
      J’ignorais qui était Etienne Wenger mais je m’empresse de requérir davantage d’informations. Merci donc pour l’info.
      La communauté, du point de vue de l’entreprise, et la relative jeunesse de ce blog en est la preuve, est un nouveau paradigme. La question est donc celle-ci : quel avenir les “organisations” souhaitent-elles embrasser ? Et nous pouvons aller plus loin : comment travaillerons-nous demain ?

      Parlons-en :)


  6. Anne-Lise Pernotte

    Merci pour cette belle réflexion et cet article autour parfaitement bien construit… Je fais mes premiers pas de community manager et ton article me donne envie de persévérer dans cette voie…


  7. Christine V

    Très bel article. Actuellement je suis assistante commerciale et je souhaite reprendre mes études pour effectuer une Licence pro M@NTIC afin d’occuper dans le futur un poste dans le Web-marketing.
    Jusqu’à présent j’avais une vision un peu tristounette et pas très intéressante du Community manager. Mais ta description, que dis-je, ton apologie de cette vocation m’a vraiment ouvert les yeux et fait comprendre la beauté de ce métier.
    Merci à toi.


  8. Bravo pour cette limpidité ! Au plaisir de se revoir via nos visios entre coworkers !


  9. Article très inspiré et inspirant ! Je débute aujourd’hui même dans une entreprise de coworking (en tant que CM), et cet article m’a beaucoup apporté… Surtout la fin, très soignée ;)


 
 



Laisser un commentaire


Votre nom


Votre email


Votre site web

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>