Comment devient-on community manager ?

Comment devient-on community manager quand on est étudiant ?

closeCet article a été publié il y a 2 ans 7 mois 13 jours, il est possible qu’il ne soit plus à jour. Les informations proposées sont donc peut-être expirées.

Les métiers du digital font rêver plus d’un jeune diplômé. Le mythe de l’ambiance start-up joue forcément, celui du Community manager qui passe ses journées sur Facebook aussi. Si ces deux aspects sont des mirages que la plupart ne verront jamais, le web reste avant tout un des plus gros réservoirs d’embauches pour les mois à venir. A tel point que même le Pôle Emploi s’intéresse de près à ce marché, à ses 400 000 emplois et à ses 42 milliards de chiffre d’affaire. Comment ? En formant des jeunes et des personnes ayant du mal à s’insérer professionnellement. Bien sûr, la réalité n’est pas aussi simple. Le web est un secteur complexe qui demande des aptitudes particulières et un état d’esprit propre. Bien loin de moi l’idée d’avoir un discours élitiste, ce n’est pas parce qu’on travaille dans le web qu’on a plus de compétences qu’un autre. Disons simplement que l’évolution rapide des techniques, usages et outils demande une remise en question permanente, un apprentissage au quotidien, une curiosité naturelle. Mais pas que…

Si c’est vrai pour la plupart des métiers du web, cela l’est encore plus pour le community management. Tout simplement parce que les tâches qui composent ce poste sont floues, beaucoup plus que d’autres fonctions clairement délimitées et qui demandent des compétences précises. On a peu de recul, de KPI, d’indicateurs pour distinguer le bon du mauvais. Et comme beaucoup de métiers de la communication, le CM attise bien des envies (et attire les trolls, mais ça c’est autre chose). Vu de l’extérieur, cela ne parait pas bien compliqué. Parler avec des gens, s’occuper d’espaces sur les médias sociaux, un petit article de temps en temps… Why not ? Le problème devient de se démarquer des autres personnes qui souhaitent se réorienter ou s’orienter tout court vers ce poste. Plus le temps passe, plus il y a de candidats, et moins il y a de postes disponibles.

Une fois les compétences de base apprises via une formation, qu’elle soit initiale ou pas, il vous faudra vous attaquer au plus important dans la gestion de votre employabilité. Ou plutôt, il faudra vous y mettre bien avant. Car une fois sur le marché de l’emploi, cela risque d’être un peu tard. Je parle bien sûr du réseau et de la veille/pratique. Tout étudiant un tant soit peu intéressé par le web se doit d’en prendre conscience ! Petit tour d’horizon de ces deux aspects.

Veille et pratique, les deux mamelles du Community management

S’il y a bien un métier empirique, c’est bien le community management. Ne vous attendez pas à trouver des recettes toutes faites, il n’en existe pas. C’est avant tout une question de pratique et d’expérimentations. Comment savoir ce qui fonctionne si on n’a pas tout essayé ? Chaque communauté étant différente, il est impossible d’être un spécialiste complet de la question. Ce n’est pourtant pas une raison de vous décourager. C’est en se frottant à des cas pratiques que vous apprendrez. Commencez par lire, observer, écouter, discuter avec des personnes évoluant dans ce niveau. Cela vous permettra de trouver des sources d’informations, des retours d’expérience et de vous créer une veille complète qui vous forgera votre opinion.

Avantage certain de cette veille, la connaissance des outils. Car oui, les communautés sont toujours différentes, les entreprises aussi, sans parler des ressources ou des contraintes. Mais le temps que vous aurez passé vous servira à constituer un socle solide et important pour la suite. Et surtout, vous connaitrez les outils. Réseaux sociaux, facilitateurs de dialogues, outils d’alertes et de veille… Ce temps sera tout sauf perdu. Et surtout, vous pourrez commencer à prendre des réflexes pour tout ce qui concerne les changements de paramètres, les nouveautés, les réseaux sociaux qui passent et trépassent… Bref, prendre le pli du web.

Deuxième avantage, la constitution d’une première expérience. Parce qu’honnêtement, finir son Bac+5 et postuler à un poste de community manager sans avoir de compte Twitter, sans jamais avoir touché à un blog ou à un agrégateur RSS, c’est foncer droit dans le mur. Même quand on cherche un stage… Le CM offre sa chance aux autodidactes, il faut savoir la prendre. Mais cela demande de la pratique à défaut d’expériences à un poste bien défini. Un débrouillard qui traine ne ligne depuis des années aura bien plus de chances qu’un employé de la COGIP qui bosse dans le vide depuis deux ans. Se faire des lignes sur son CV, ça n’a pas de prix pour vous différencier. Et au moins, vous saurez si le métier vous plait !

Le réseau, toujours aussi central

Le deuxième aspect important quand on est étudiant et que l’on se prépare à un poste de community manager, c’est de ne pas attendre de sortir de ses études pour commencer à se constituer un réseau. C’est certes un marronnier du recrutement, mais il prend tout son sens dans notre secteur. On savait déjà que la cooptation concernait une bonne partie des postes en France. Mais dans le community management, c’est encore plus le cas ! Les contacts et le réseau jouent un rôle primordial dans l’accès à l’emploi. La plupart des offres passent d’ailleurs par Twitter et assimilés. Sans aller spammer les personnes qui travaillent dans ce secteur, il est important de commencer tôt à les fréquenter, à suivre les spécificités de chacun (des agences notamment, grosses pourvoyeuses de postes) et à échanger avec elles.

Pour commencer cette démarche, rappelez-vous simplement de rester vous-mêmes. Le but n’est pas de faire copain-copain avec tout le monde. Comme partout, il y a du très bon et du très mauvais dans le monde des CMs, le but est simplement de vous rapprocher de ceux avec qui vous avez des atomes crochus ou la même vision du métier. En dehors du plaisir immédiat de l’échange, cela vous permettra d’obtenir des conseils, de suivre de plus près l’actualité, de vous offrir aux opportunités de postes qui trainent. Même constat pour les entreprises ou agences. Abonnez-vous à vos futurs employeurs potentiels pour être sûr de ne rien rater ! Et n’attendez pas de postuler pour échanger avec elles.

C’est ce réseau qui vous permettra peut-être de trouver votre premier emploi, alors soignez-le bien. N’essayer pas de profiter des gens, les échanges unilatéraux sont stériles. Rendez service, discutez, rapprochez-vous de ceux qui vous ressemblent. Les relations factices sont vouées à l’échec d’un côté comme de l’autre, et rien n’est plus insupportable que quelqu’un qui agit uniquement par intérêt. Encore une fois, soyez simplement vous-même ! Si vous êtes vraiment intéressé par le community management et que vous passez du temps sur le sujet, le reste devrait venir naturellement. Le tout est de s’y prendre tôt.

Reste le cas des forums et blogs collaboratifs, comme My Community Manager et ses espaces sur Facebook. Ce genre de groupes a beaucoup à vous apporter. Mais encore une fois, ne grillez pas les étapes en essayant de tirer la discussion vers vous et en monopolisant la parole avec des demandes d’aides. Prenez le temps de vous faire votre propre expérience pour avoir quelque chose à apporter aux autres. Essayez ensuite d’intégrer ces espaces et d’y être actif, cela vous apportera beaucoup humainement et professionnellement. Mais aussi en termes d’employabilité et d’accès aux offres du marché caché.

Ne pas oublier les bases

Ah mais le web c’est facile ! Vu comme ça, pas besoin de se galérer en cours, il suffit de s’y mettre tôt, les études sont secondaires ! Ce lieu commun est bien sûr complètement faux. Certes le web est ouvert à des profils atypiques et aux autodidactes. Mais la voie royale reste la validation d’un diplôme (Bac+5 de préférence) dans la communication ou le marketing. Et cela pour de multiples raisons ! Tout d’abord, ils offrent la possibilité de faire des stages (et d’en trouver facilement). Ne croyez pas les discours qui ont tendance à condamner les stages comme étant des lieux d’esclavagisme. Un stage, c’est un parfait lieu d’apprentissage qui vous permettra de consolider vos connaissance et de vous faire une solide expérience. Il faut en passer par là, embaucher quelqu’un qui n’a pas connu le community management en entreprise, c’est difficile à concevoir. Le stage crédibilisera votre démarche, sans compter la possible ouverture vers un poste si l’entreprise ou l’agence chez qui vous êtes a des besoins récurrents. A vous de bien le choisir le lieu d’accueil.

Le deuxième aspect important est le contenu des cours. Le marketing et la communication, c’est bien plus large qu’une simple présence sur les réseaux sociaux. Si vous ne voyez pas le tableau global, il vous sera difficile d’agir de manière cohérente et de donner du sens à votre travail. La théorie est importante, ne la négligez pas. C’est souvent ce qui fait la différence entre un bon et un mauvais profil… Alors soyez assidus pendant vos classes !

Étudiants, vous savez ce qu’il vous reste à faire ! N’attendez pas demain pour vous y mettre. Et n’hésitez pas à suivre le reste du Débat du mois que nous consacrons aux jeunes diplômés, avec de nombreux conseils et témoignages à la clé !

> Crédit image 1 (via Mode(s) d’emploi) et image 2

A propos de l'auteur

Flavien Chantrel

Flavien Chantrel  (8 articles)

Community manager en poste depuis 4 ans chez Regionsjob, site leader des offres d'emploi en région. Egalement formateur sur l'utilisation des réseaux sociaux dans un cadre de recrutement. Intéressé par les problématiques liées aux réseaux sociaux, aux nouveau modes de recrutement et à l'évolution du web en général. Mes mots d'ordre : la vulgarisation des concepts, la démocratisation des usages et la création de présences durables en ligne.

Commenter l'article